La fonction publique française compte plus de 5,6 millions d’agents. Ils enseignent, soignent, administrent, protègent. Mais qui les paie ? Et à partir de quels budgets ? Ce quatrième module propose une cartographie claire des trois versants de la fonction publique et de leurs sources de financement.
Trois versants, trois logiques budgétaires
La fonction publique française se divise en trois grandes catégories :
| Versant | Effectifs 2025 estimés | Budget de rattachement |
| Fonction publique d’État | ~2,5 millions | Budget de l’État (PLF), titre 2 |
| Fonction publique territoriale | ~1,9 million | Budgets des collectivités locales |
| Fonction publique hospitalière | ~1,2 million | Budget de la Sécurité sociale (ONDAM) |
Chaque versant a ses propres employeurs, statuts, et modalités de gestion RH.
Le titre 2 : le cœur du budget de l’État
Le titre 2 du budget de l’État regroupe les dépenses de personnel :
- Salaires, primes, cotisations sociales
- Pensions civiles et militaires
- Revalorisations salariales (ex. : Grenelle de l’Éducation)
En 2025, il représente environ 140 milliards €, soit près d’un tiers des dépenses nettes de l’État.
Les agents territoriaux : financés localement
Les agents territoriaux (écoles, voirie, culture, social…) sont rémunérés par les budgets des collectivités : communes, départements, régions. Leurs conditions de travail dépendent des politiques locales, même si leur statut est national.
En 2025, les dépenses de personnel représentent en moyenne 40 à 60 % des budgets de fonctionnement des collectivités.
Les hospitaliers : sous tension
Les agents hospitaliers (infirmiers, aides-soignants, personnels médico-techniques…) sont financés via l’ONDAM, dans le cadre du budget de la Sécurité sociale. En 2025, les dépenses hospitalières atteignent 109,6 milliards €.
Les tensions RH sont fortes : attractivité, absentéisme, surcharge, revalorisations post-Ségur… Le financement reste un enjeu majeur.
Des statuts communs, des réalités différentes
Malgré un socle statutaire commun (fonction publique de carrière), les réalités varient fortement :
- Recrutement local ou national
- Mobilité plus ou moins aisée
- Écarts de rémunération
- Conditions de travail contrastées
La réforme de la haute fonction publique, la montée des contractuels et les enjeux d’attractivité transforment progressivement le paysage.
À suivre…
Ce module s’inscrit dans une série complète sur les finances publiques françaises :
- Module 5 : Les budgets invisibles
- Module 6 : Le Parlement et le vote des lois financières
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Auteurs : Copi + AA