Série “France, logée à la marge”. : “On nous parle de relance, mais sur le terrain, on ferme des centres.” En 2025, le gouvernement annonce une stratégie nationale pour relancer le logement social, avec un objectif de 116 500 logements produits, dont 16 500 en rénovation urbaine. Pourtant, les acteurs de terrain dénoncent une fracture entre discours et moyens, et une désorganisation des dispositifs.
Un secteur en crise
- 2,7 millions de demandeurs de logements sociaux
- 380 000 attributions en baisse
- Budget logement amputé de 1,6 milliard d’euros en 2024
- 82 000 logements sociaux financés en 2024, contre 116 500 annoncés pour 2025
Les bailleurs sociaux font preuve de résilience, mais la hausse des coûts de construction et des taux d’intérêt freine les projets. Les financements innovants de la Banque des Territoires ne suffisent pas à compenser les coupes budgétaires.
Une politique morcelée
Les dispositifs se multiplient sans cohérence :
- MaPrimeAdapt : trop complexe, peu accessible
- Plan Logement d’Abord : sous-financé, peu suivi
- PTZ élargi : utile pour l’accession, mais hors sujet pour les plus précaires
“Le logement est un pilier des politiques de santé, d’emploi, de transition écologique. Mais il est traité comme une variable d’ajustement.” Valérie Létard, ministre chargée du logement
Une gouvernance éclatée
Entre l’État, les collectivités, les bailleurs, et les associations, la coordination est difficile. Les préfets manquent de marges de manœuvre, les communes invoquent des contraintes foncières, et les parlementaires dénoncent une absence de vision à long terme.
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