Thermomètre social : vivre dans le froid ou la fournaise

Série “France, logée à la marge”.

“L’hiver, on dort en manteau. L’été, on ne dort plus.”

Dans son studio à Poitiers, Léa, 24 ans, alterne entre gel et suffocation. Son logement est une “passoire thermique” l’hiver, une “bouilloire” l’été. Elle fait partie des 10,8 millions de personnes touchées par la précarité énergétique en France en 2025.

L’hiver, le froid comme exclusion

  • 30 % des Français ont souffert du froid chez eux en 2024
  • 1 million d’interventions pour impayés ou baisses de puissance
  • 9,4 % du budget des ménages consacré à l’énergie

Les logements mal isolés, les équipements vétustes, et les hausses de prix plongent des millions de foyers dans une double peine : inconfort et surcoût.

L’été, la chaleur comme angle mort

La Fondation pour le Logement des Défavorisés alerte sur les logements bouilloires : des habitations où les températures dépassent les seuils de l’OMS, avec des risques sanitaires graves.

  • 42 % des Français ont souffert de la chaleur chez eux en 2024
  • Surmortalité liée à la chaleur : 3 700 décès en 2024
  • Canicules récurrentes, jusqu’à 50°C localement attendus en 2025

“La précarité énergétique d’été est une urgence sanitaire, sociale et écologique.” – Fondation pour le Logement des Défavorisés

Un marqueur social invisible

La précarité énergétique révèle des fractures profondes :

  • Âge : les personnes âgées sont les plus exposées
  • Territoires : zones rurales et périurbaines en première ligne
  • Statut : locataires du parc privé, étudiants, familles monoparentales

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