Série “France, logée à la marge”.
“Ici, on ne veut pas de HLM. Ça ferait baisser les prix.”
À Neuilly-sur-Seine, comme dans 64 % des communes soumises à la loi SRU, les objectifs de logements sociaux ne sont toujours pas atteints en 2025. Vingt-cinq ans après son adoption, la loi SRU reste un outil puissant mais inégalement appliqué.
Une loi ambitieuse, mais fragile
Adoptée en 2000, la loi SRU impose aux communes de plus de 3 500 habitants (1 500 en Île-de-France) de disposer de 20 à 25 % de logements sociaux. En cas de non-respect, elles sont redevables d’un prélèvement annuel, sauf si elles investissent dans le logement social.
“La loi SRU est un levier de mixité sociale. Mais elle se heurte à des résistances locales tenaces.” – Ministère de la Transition écologique
Un bilan contrasté
- 750 000 logements sociaux construits depuis 2000
- 64 % des communes soumises restent déficitaires
- Région PACA : 95 % des communes en échec
- Sanctions financières souvent absorbées ou contournées
Certaines communes préfèrent payer plutôt que construire. D’autres invoquent des contraintes foncières ou urbanistiques. Les préfets peuvent suspendre les pénalités, mais les critères restent flous.
Une fracture territoriale
La loi SRU révèle une géographie du refus :
- Communes riches en périphérie urbaine : faible taux de logements sociaux
- Communes populaires : concentration de l’offre, tensions accrues
- Zones rurales : quotas inadaptés, manque de moyens
La mixité sociale promise devient une mixité à géométrie variable, souvent cantonnée aux quartiers déjà fragilisés.
Sur le même thème
Vivre en marge, mourir en silence
Auteurs : Copi + AA