Série “France, logée à la marge”.
“On vit sur un terrain boueux, sans eau, sans électricité. Mais on vit ensemble.”
À Montpellier, plus de 11 000 personnes vivent encore dans des bidonvilles ou des squats en 2025. Parmi elles, 4 000 enfants et adolescents, souvent scolarisés mais sans stabilité. Les campements se déplacent, les expulsions s’enchaînent, et les solutions manquent.
Bidonvilles : une résorption en panne
Malgré une politique lancée en 2019, les résultats sont contrastés :
- Moins d’1 personne sur 10 relogée durablement
- 3 500 enfants scolarisés, contre 1 400 en 2022
- Insertion professionnelle quasi inexistante : moins de 1 000 contrats signés par an
Les habitants sont majoritairement européens (Roumains, Bulgares), en situation régulière mais marginalisés par le marché du travail et les politiques locales.
Squats : entre survie et criminalisation
Depuis la loi “anti-squat” de 2023, les procédures d’expulsion se sont accélérées :
- Délai d’attente pour évacuation : entre 24h et 12 jours
- 45 % des squatteurs identifiés sont des familles avec enfants
- La trêve hivernale ne protège plus les squats
Les préfets peuvent ordonner une évacuation même en présence de mineurs, mais doivent “tenir compte de l’intérêt supérieur de l’enfant”. En pratique, les délais sont rarement adaptés, et les relogements quasi inexistants.
“Les enfants sont les premières victimes des expulsions de bidonvilles.” — Observatoire national du mal-logement
Une précarité extrême
Les conditions de vie dans les bidonvilles et squats sont alarmantes :
- Pas d’accès à l’eau potable
- Électricité détournée ou absente
- Risques sanitaires majeurs
- Rupture scolaire fréquente
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