Quand la jeunesse s’allume, les régimes s’effritent

Maroc – Madagascar : deux fronts, une même génération – Rabat, 9 octobre 2025. Les téléphones portables s’élèvent à nouveau dans la nuit marocaine. Après une pause tactique de 48 heures, les cortèges GenZ212 reprennent leur marche, synchronisés dans plus de douze villes. Le mot d’ordre : “On ne négocie pas notre avenir.” Mais derrière cette reprise se dessine une alerte plus large, que les chancelleries feraient bien d’écouter : ignorer la Génération Z, c’est jouer avec l’instabilité.

De Casablanca à Antananarivo : même colère, même feu

À Madagascar, c’est une autre Gen Z qui a fait basculer l’histoire. En trois semaines, un mouvement né sur les réseaux sociaux a renversé l’équilibre du pouvoir. Le président Andry Rajoelina, exfiltré par un avion militaire français, a fui l’île après que l’unité militaire Capsat a rallié les manifestants. Ce qui avait commencé comme une protestation contre les coupures d’eau et d’électricité s’est mué en insurrection générationnelle, portée par une jeunesse sans avenir, mais pas sans voix.

“Chaque génération finit par descendre dans la rue pour chasser celui qui promettait l’ordre”, analyse l’historien Arnaud Léonard.

Le Maroc à la croisée des chemins

Au Maroc, le mouvement GenZ212 n’en est pas encore là. Mais les signaux sont clairs :

  • Revendications structurées, relayées par des canaux numériques décentralisés.
  • Mobilisation multisite, avec une coordination inédite entre villes.
  • Narratif visuel fort, entre torches numériques et slogans projetés sur les murs.

Face à cela, le silence du gouvernement Akhannouch devient assourdissant. Et l’exemple malgache montre ce qu’il en coûte de sous-estimer une génération connectée, frustrée et stratégiquement agile.

A retenir

“Ce qui change, c’est la musique. Mais la colère, elle, reste la même.”Manifeste GenZ212, relayé sur Discord, 9 octobre 2025.

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