Japon, encore trop dépendant de la Chine

L’économie japonaise en 2025 est marquée par une contraction au 3e trimestre, des tensions commerciales et géopolitiques, mais aussi par un plan de relance massif et une politique monétaire en transition. Le pays cherche à sortir de décennies de stagnation vers une croissance plus stable, malgré une dette publique énorme et une dépendance forte vis-à-vis de la Chine.

Situation actuelle

  • Contraction du PIB au T3 2025 : recul de 0,4 % par rapport au trimestre précédent, première baisse depuis un an et demi.
  • Causes principales :
    • Droits de douane américains sur les exportations japonaises (jusqu’à 15 % sur certains produits).
    • Chute de 9,4 % des investissements résidentiels liée à de nouvelles règles de construction.
    • Faiblesse persistante de la consommation intérieure.

Politique budgétaire

  • La Première ministre Sanae Takaichi a lancé un plan de relance colossal de 21 300 Mds JPY (135 Mds USD), soit +27 % par rapport au précédent.
  • Objectifs : soutenir le pouvoir d’achat des ménages, stimuler l’investissement dans les secteurs stratégiques (IA, robotique, semi-conducteurs) et compenser la baisse des exportations.
  • Pour rassurer sur la dette publique (déjà >250 % du PIB), une commission inspirée du modèle américain a été créée pour réduire les dépenses inutiles.

Défis majeurs

  • Relations sino-japonaises tendues : les propos de Takaichi sur Taïwan ont provoqué un refroidissement diplomatique. Pékin a mis en garde ses ressortissants contre les voyages au Japon, ce qui menace le tourisme (les Chinois représentent près d’un quart des visiteurs).
  • Risque de boycott prolongé des voyageurs chinois : impact estimé à -0,36 % du PIB.
  • Possibilité de nouvelles restrictions chinoises sur les produits de la mer japonais, un secteur clé.

Politique monétaire

  • La Banque du Japon (BoJ) envisage de relever progressivement ses taux directeurs (0,5 % → 0,75 % en décembre, puis jusqu’à 1,25 % fin 2026).
  • Motifs : inflation persistante (3 % en octobre, 43e mois consécutif de hausse des prix), yen faible, et exportations solides malgré les tensions.
  • Mais le gouvernement pousse pour maintenir une politique accommodante afin de soutenir la relance.

Perspectives

  • UBS prévoit une croissance réelle du PIB autour de 1,1 % en 2026, avec une inflation stabilisée proche de 2 %.
  • Les risques : surendettement, ralentissement mondial lié à l’IA, et pessimisme des ménages.
  • L’économie japonaise reste résiliente : cinq trimestres consécutifs de croissance avant la contraction récente, preuve qu’elle résiste mieux que prévu aux chocs tarifaires.

En résumé, le Japon est dans une phase de transition fragile : il tente de normaliser sa politique monétaire et de relancer son économie par des dépenses massives, mais reste vulnérable aux tensions géopolitiques et à sa dépendance vis-à-vis de la Chine.