Ils sont plus de six cents à avoir fait le trajet. Pas un exode, mais une translation. De l’atelier d’Argenteuil aux lignes de Cergy, les salariés de Dassault ont suivi leurs machines, leurs outils, leurs habitudes. Mais aussi leurs souvenirs, leurs gestes, leur fierté.
Car derrière les chiffres et les plans d’usine, il y a des visages, des voix, des trajectoires
À Argenteuil, certains avaient passé vingt, trente, parfois quarante ans. Ils connaissaient les murs, les rythmes, les silences. Le déménagement a été annoncé comme une nécessité industrielle, mais il a aussi été vécu comme un déracinement. “On quitte un lieu, pas un métier”, confie un technicien rencontré lors de l’inauguration. “Mais il faut réapprendre les volumes, les flux, les repères.”
Dassault a accompagné cette transition avec méthode : formations, navettes, entretiens, aménagements. Le nouveau site a été pensé pour accueillir, pas seulement pour produire. Les espaces sont lumineux, les circulations fluides, les postes ergonomiques. Mais l’adaptation reste un défi, surtout pour ceux dont les racines professionnelles étaient profondément ancrées.
Certains ont choisi de partir, d’autres ont été redéployés vers Mérignac ou Seclin. Mais la majorité a suivi, avec une forme de loyauté silencieuse. Et pour eux, Cergy n’est pas une rupture – c’est une continuité réinventée. Le savoir-faire est intact, transmis, amplifié. Les gestes sont les mêmes, mais les outils changent, les rythmes s’accélèrent, les responsabilités évoluent.
Dassault prévoit d’atteindre 700 salariés sur le site d’ici fin 2025. Les recrutements sont en cours, avec une attention particulière portée aux jeunes profils, aux compétences numériques, à la polyvalence. L’usine devient aussi un lieu de transmission, où les anciens forment les nouveaux, où l’expérience se mêle à l’innovation.
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