Derrière les murs sobres de l’usine Dassault à Cergy, c’est une chorégraphie industrielle qui se joue chaque jour. Ici, pas de ligne d’assemblage linéaire ni de vacarme désordonné : tout est pensé pour la fluidité, la modularité, la montée en cadence. Le site est jeune, mais son organisation est celle d’un vétéran aguerri – héritée d’un siècle de savoir-faire, réinventée pour les défis du XXIe siècle.
Ce qui distingue Cergy, c’est sa capacité à évoluer
Les activités se répartissent en pôles spécialisés, chacun dédié à une étape cruciale de la fabrication des Rafale et Falcon. À l’entrée, les ateliers d’assemblage des parties avant des fuselages accueillent les premières pièces. Plus loin, les équipes s’affairent à l’aménagement complet des Rafale : circuits électriques, hydrauliques, carburant, air, trains d’atterrissage. Chaque tuyau, chaque câble, chaque rivet est posé avec une rigueur chirurgicale.
La fabrication des tuyauteries métalliques, longtemps concentrée à Argenteuil, a trouvé ici un nouvel écrin. Les tubes sont cintrés, soudés, testés, puis intégrés dans les structures avec une précision millimétrée. Un autre atelier se consacre aux revêtements et petites pièces, éléments souvent invisibles mais essentiels à la performance et à la sécurité.
L’usine est conçue pour absorber une montée en cadence progressive : trois Rafale par mois dès 2025, cinq à l’horizon 2030. Les flux sont optimisés, les postes modulables, les outils connectés. Chaque geste est tracé, chaque pièce suivie, chaque délai anticipé.
Loin d’être un simple site de production, Cergy devient un nœud stratégique dans la chaîne Dassault. Tandis que l’assemblage final reste à Mérignac, les composants transitent par Seclin, Martignas, Argonay… Cergy orchestre, synchronise, catalyse. Elle est le métronome d’une industrie qui ne peut se permettre le moindre faux pas.
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