Elle touche non seulement Boeing mais aussi plusieurs motoristes mondiaux. Voici un panorama clair de la situation.
Boeing : une crise enracinée
Boeing traverse une période noire depuis plusieurs années :
- Incidents majeurs : éclatement de porte sur un 737 MAX d’Alaska Airlines, défauts sur le 787 Dreamliner, retards de production.
- Problèmes structurels : hérités de la fusion avec McDonnell Douglas en 1997, qui a fait passer la culture d’ingénierie à une logique financière plus stricte.
- Surveillance renforcée : la FAA limite la cadence de production tant que les contrôles qualité ne sont pas jugés satisfaisants.
- Perte de confiance : clients, salariés et régulateurs sont de plus en plus critiques. Boeing tente de rétablir sa réputation avec un nouveau PDG et une culture plus transparente.
Les motoristes : pas épargnés non plus
Pratt & Whitney
- Problèmes majeurs sur les moteurs PW1000G GTF (A220, A320neo).
- Usure prématurée, défauts métallurgiques, retards de maintenance.
- Plus de 700 avions cloués au sol dans le monde.
CFM International (Safran + GE)
- Moins touché, mais le moteur LEAP (A320neo, 737 MAX) a connu :
- Des retards de livraison dus à la chaîne d’approvisionnement.
- Des problèmes de durabilité dans certaines conditions climatiques extrêmes.
- Une pression croissante pour augmenter la cadence sans compromettre la qualité.
Rolls-Royce
- Les moteurs Trent 1000 (Boeing 787) ont souffert de :
- Fissures dans les aubes de turbine.
- Interventions fréquentes et coûteuses.
- Une perte de parts de marché au profit de GE et Safran.
Pourquoi cette dégradation globale ?
- Montée en cadence industrielle : pour répondre à la demande post-COVID, les constructeurs ont accéléré la production, parfois au détriment des contrôles qualité.
- Externalisation excessive : de nombreuses pièces sont fabriquées par des sous-traitants, parfois mal coordonnés.
- Pénurie de main-d’œuvre qualifiée : les départs massifs pendant la pandémie ont laissé des trous dans les équipes techniques.
- Pression financière : les actionnaires exigent des marges, ce qui pousse à des arbitrages risqués sur la qualité.
Vers une prise de conscience ?
Il semble que l’industrie soit en train de réévaluer ses priorités : retour à l’ingénierie, investissements dans la R&D, et meilleure transparence. Mais le chemin sera long.
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