Le pistage comme philosophie

Série : Réconcilier les vivants. « Pister, c’est apprendre à penser avec les autres vivants, à partir de leurs traces. »

Il neige dans le Vercors

Une empreinte, puis une autre. Baptiste Morizot s’accroupit. Il ne traque pas : il piste. Il ne cherche pas à capturer, mais à comprendre. Chaque trace est une question. Chaque détour du loup est une hypothèse.

Pister, c’est penser avec les vivants. C’est apprendre à lire leurs gestes, leurs rythmes, leurs intentions. C’est renoncer à la position de surplomb, pour entrer dans une relation située, fragile, réversible.

Le pistage est une philosophie. Il nous oblige à ralentir, à écouter, à douter. Il nous apprend que connaître, ce n’est pas dominer – c’est cohabiter.

Et si nous apprenions à pister nos propres relations au vivant ? À suivre les traces que nous laissons, et celles que nous ignorons ? À penser avec les autres, à partir de leurs absences et de leurs présences ?

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