La sécession du vivant

Série : Réconcilier les vivants : Il était une fois une espèce qui fit sécession. Elle se déclara extérieure au vivant, supérieure à lui. Elle transforma les autres formes de vie en ressources, en décors, en nuisibles. Elle inventa une fiction politique : celle où l’humain est seul à bord, maître des équilibres, gestionnaire du monde.

Réconcilier les vivants, c’est commencer par raconter autrement

Cette fiction, nous y vivons encore. Elle structure nos lois, nos villes, nos récits. Elle nous empêche de voir les autres vivants comme des partenaires, des cohabitants, des sujets de droit et de relation.

Baptiste Morizot appelle cela la sécession du vivant. Une rupture fondatrice, invisible, mais omniprésente. Elle nous a fait perdre le fil de notre interdépendance. Elle a rendu le monde muet, alors qu’il parle sans cesse – par les traces, les rythmes, les présences.

Mais cette fiction peut être déconstruite. Elle peut être remplacée par une autre manière d’être vivant : une manière relationnelle, diplomatique, attentive. Une manière qui reconnaît que nous ne sommes pas seuls, et que notre salut dépend de notre capacité à cohabiter.

Réconcilier les vivants, c’est commencer par raconter autrement. C’est rouvrir les récits, les images, les gestes. C’est tendre la main vers une empreinte de loup, non pour la traquer, mais pour apprendre à penser avec elle.

Auteurs : Copi + AA