Le choc : l’Europe sous pression, Octobre 2022. L’inflation explose à 10,6 %. Les prix s’emballent, les ménages suffoquent, les marchés vacillent. La guerre en Ukraine, les chaînes logistiques brisées, l’énergie hors de contrôle : un cocktail explosif. La BCE, longtemps prudente, entre en scène. Elle hausse ses taux, rompt avec l’ère des liquidités faciles. “Nous agirons avec détermination”, martèle Christine Lagarde. Le ton est donné.
Le pilotage : entre rigueur et finesse (2023–2024)
Les taux montent : 4 % en 2023. Le crédit ralentit, la consommation fléchit, mais l’inflation recule. La BCE ajuste sans brutalité, surveille les signaux faibles. Elle refuse l’erreur de 2011 : resserrer trop tôt. L’économie européenne tangue, mais ne sombre pas. Le cap est maintenu, la crédibilité renforcée. “Nous ne sommes pas encore arrivés”, répète-t-elle. La désinflation est en marche, mais fragile.
L’atterrissage : stabilité retrouvée (2025)
Août 2025. L’inflation revient à 2,1 %. Objectif presque atteint. Les taux baissent prudemment : dépôt à 2 %, refinancement à 2,15 %. L’Europe respire, mais reste vigilante. Les tensions géopolitiques persistent, les inégalités s’aggravent. La BCE, plus qu’un gardien des prix, devient un acteur politique discret. “La stabilité n’est pas une fin, mais une condition”, conclut Lagarde.