Génération Z : entre insurrection et refondation

Ils sont nés avec le Wi-Fi, mais vivent sans eau courante. Ils parlent en mèmes, mais réclament des constitutions. À Antananarivo comme à Rabat, la Génération Z ne demande plus la parole – elle la prend. Elle s’organise, elle proteste, elle boycotte. Elle transforme les hashtags en actes, les frustrations en mobilisations. Dans deux pays que tout semble opposer, une même pulsation traverse les rues, les écrans, les imaginaires : celle d’une jeunesse qui refuse de grandir dans le silence.

Ce dossier explore les trajectoires parallèles de la Gen Z à Madagascar et au Maroc  entre insurrection numérique et refondation politique.

Gen Z à Madagascar : entre révolte et refondation

 État actuel

  • Mobilisation massive depuis septembre 2025 contre les délestages, les coupures d’eau, et les violations des libertés fondamentales.
  • Destitution du président Andry Rajoelina saluée comme une victoire par le mouvement Gen Z, mais suivie d’une prise de pouvoir militaire qui inquiète les jeunes activistes.
  • Symboles culturels comme One Piece ou des slogans numériques traduisent une culture protestataire mondialisée, mais enracinée localement.

Avenir possible

  • Risque de récupération politique par les élites traditionnelles dans une société patriarcale et gérontocratique.
  • Espoir d’une transition démocratique si la jeunesse parvient à maintenir la pression et à structurer ses revendications.
  • Défi majeur : transformer la colère en projet politique durable, avec des relais institutionnels et médiatiques.

Gen Z au Maroc : entre aspirations et frustrations

État actuel

  • 8,2 millions de jeunes entre 15 et 29 ans, soit près de 30 % de la population.
  • Revendiquer santé, éducation, emploi : les priorités sont claires, mais les réponses institutionnelles restent lentes.
  • Mouvement GenZ 212 : coordination via Discord, appels au boycott de la CAN 2025 et du Mondial 2030 pour dénoncer les inégalités sociales.

Avenir possible

  • Facteur clé du succès ou de l’échec des grands événements sportifs et politiques.
  • Exigence de dignité et de justice sociale : la Gen Z veut des hôpitaux, des écoles, pas seulement des stades.
  • Tension croissante entre modernisation infrastructurelle et stagnation du développement humain.

Lecture croisée : Gen Z comme force de basculement

DimensionMadagascar 🇲🇬Maroc 🇲🇦
MobilisationContestation politique directeRevendications sociales et civiques
RisquesMilitarisation, récupération politiqueRépression, marginalisation
ForcesCulture numérique, diaspora activeMasse critique, coordination digitale
Avenir souhaitéTransition démocratique inclusiveRéformes structurelles et équité

Conclusion

La Génération Z ne promet pas la révolution. Elle l’expérimente, à tâtons, entre serveurs Discord et pavés lancés. Elle ne cherche pas à plaire aux institutions : elle les contourne, les défie, les réinvente. À Madagascar, elle a fait tomber un président. Au Maroc, elle menace de faire vaciller les grands récits nationaux. Mais au-delà des coups d’éclat, c’est une question qui reste en suspens : cette jeunesse saura-t-elle transformer sa colère en projet, son énergie en vision, son refus en refondation durable ?

Ce n’est pas seulement l’avenir de deux pays qui se joue – c’est celui d’une génération qui refuse d’être spectatrice.

Sur le même thème

Efficacité économique et justice sociale : la Génération Z face au dilemme