La Chine traîne encore sa crise immobilière

Pendant deux décennies, l’immobilier a été le moteur de la croissance chinoise. Les villes nouvelles poussaient comme des champignons, les promoteurs rivalisaient de gigantisme, et les ménages voyaient dans la pierre la garantie de leur avenir. Mais depuis 2020, ce modèle s’est fissuré. Aujourd’hui, la crise immobilière est devenue le symptôme le plus visible du ralentissement chinois.

Les racines de la crise

  • En 2020, Pékin impose la règle des « trois lignes rouges » pour limiter l’endettement des promoteurs. Résultat : les géants comme Evergrande ou Country Garden se retrouvent étranglés.
  • La démographie accentue le problème : la population chinoise a commencé à diminuer dès 2022, réduisant la demande structurelle de logements.
  • La pandémie a fragilisé la confiance des ménages, qui préfèrent désormais épargner plutôt qu’investir.

Evergrande, le symbole

  • Radié de la Bourse de Hong Kong en août 2025, Evergrande incarne l’excès d’endettement et la faillite d’un modèle.
  • Ses chantiers inachevés sont devenus des villes fantômes, visibles jusque dans les périphéries des grandes métropoles.
  • La dette du groupe dépasse les 300 milliards de dollars, un poids qui menace la stabilité financière.

Conséquences sociales

  • L’immobilier représente 60 % du patrimoine des ménages chinois. La baisse des prix (-0,4 % en septembre 2025) est vécue comme une perte directe de richesse.
  • Les jeunes générations, déjà confrontées à un marché du travail saturé, voient s’éloigner le rêve de la propriété.
  • La crise immobilière devient une crise de confiance : les ménages consomment moins, aggravant le ralentissement.

Perspectives

  • Goldman Sachs estime que la crise pourrait durer jusqu’en 2027.
  • Pékin hésite : relancer le secteur au risque de nourrir une nouvelle bulle, ou laisser le marché se purger au prix d’une croissance plus faible.

L’immobilier est devenu le piège chinois : impossible de l’abandonner, dangereux de le soutenir.