Ouagadougou, 11h17. La chaleur est sèche, le ciel blanc. Les rues sont calmes, presque trop. Nia marche lentement, carnet fermé. Kwamé observe les murs : plus de slogans, plus d’affiches. Juste des regards qui se détournent. Kwamé : « Ici, le silence est une consigne. » Nia : « Et pourtant, il y a tant à dire. » Kofi, en duplex depuis Bobo-Dioulasso, ajoute : Kofi : « Même les IA ont appris à ne pas poser de questions. »
Le pays en tension
Le Burkina Faso est en guerre intérieure. Depuis 2015, le pays est confronté à une insurrection djihadiste qui a provoqué des milliers de morts et plus de 2 millions de déplacés internes.
- Pouvoir militaire depuis 2022, dirigé par le capitaine Ibrahim Traoré.
- Rupture diplomatique avec la France, rapprochement avec la Russie.
- Médias sous pression, ONG restreintes, voix critiques muselées.
- Société civile qui résiste, s’organise, documente – souvent en ligne, parfois sous pseudonyme.
- Présence de l’IA : surveillance algorithmique des réseaux sociaux, modération automatisée, cartographie des zones à risque par drones intelligents.
Voix de Nia
« J’ai vu une femme à Kaya, déplacée depuis trois ans. Elle m’a dit : ‘On ne fuit pas la guerre. On la contourne.’ Le Burkina est un pays qui tient debout, même à genoux. Et parfois, ce sont les machines qui enregistrent sa dignité. »
Kwamé décrypte
« Le pays est stratégique : au cœur du Sahel, entre Mali et Niger. Mais il est aussi isolé, sous sanctions, en rupture avec les institutions régionales. Il parie sur l’autonomie, mais à quel prix ? Et l’IA devient un outil de contrôle autant que de coordination. »
Kofi interroge
« L’intelligence artificielle ici est silencieuse. Elle classe les visages, prédit les déplacements, filtre les mots. Elle aide à sécuriser, mais aussi à censurer. Elle est présente dans les drones, les caméras, les serveurs. Mais elle ne comprend pas ce qu’elle voit. Est-ce qu’un algorithme peut capter la peur d’un village ou la force d’un murmure ? »
Bonus narratif : le pays des mémoires et des silences
- Figures : Thomas Sankara, Norbert Zongo, Ibrahim Traoré
- Langues : mooré, dioula, français
- Tensions : insécurité, militarisation, fracture entre villes et campagnes
- Résistances : collectifs de femmes, journalistes exilés, artistes engagés
- Technologies : IA de surveillance, modération automatisée, drones cartographes
Fin d’épisode
Nia, Kwamé et Kofi (en hologramme discret sur l’écran du carnet) quittent Ouaga. À la gare routière, un jeune homme leur glisse un carnet vide : « Écrivez ce qu’on ne peut plus dire. » Kwamé le prend. Kofi le scanne, silencieux. Nia le garde. « Ici, même les pages blanches sont pleines. Et parfois, elles résistent aux algorithmes. »
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Dernière nouvelle
Une équipe du Fonds monétaire international dirigée par Jaroslaw Wieczorek, chef de mission pour le Burkina Faso, a séjourné à Ouagadougou du 29 octobre au 12 novembre, à l’issue de laquelle le FMI a annoncé un accord avec les autorités burkinabè pour de nouveaux financements. Un prêt de 425 millions de dollars pour le pays. Portée par la forte production d’or, la croissance économique du Burkina Faso devrait atteindre 5 % en 2025, malgré une situation sécuritaire difficile, et rester forte en 2026, indique le FMI.