Kolwezi (RDC), 15–16 novembre 2025 – Au moins 32 mineurs artisanaux ont trouvé la mort samedi 15 novembre dans l’effondrement d’un site de cobalt situé dans la carrière de Mulondo, à environ 42 kilomètres au sud-est de Kolwezi, capitale de la province du Lualaba. Les recherches se poursuivaient encore dimanche soir pour retrouver d’éventuels disparus, selon les autorités provinciales.
Lieu et circonstances
- Le drame s’est produit sur le site de Kalando, officiellement exploité par la société Pajeclem, en partenariat avec un investisseur chinois identifié sous le nom de Pan Kai.
- Un pont artisanal construit par les creuseurs pour franchir une tranchée inondée s’est effondré, provoquant la chute de dizaines de personnes.
- Les fortes pluies des jours précédents avaient fragilisé le terrain. Des témoins évoquent également un mouvement de panique lié à la présence de militaires sur le site.
Bilan humain
- Les autorités locales ont confirmé 32 corps retrouvés.
- La Commission nationale des droits de l’Homme et des ONG locales avancent un bilan plus lourd, évoquant jusqu’à 49 morts et plusieurs dizaines de disparus.
- Les familles des victimes réclament des compensations et une enquête indépendante.
Contexte économique et social
- La République démocratique du Congo fournit plus de 70 % du cobalt mondial, métal indispensable à la fabrication des batteries pour voitures électriques et appareils électroniques.
- Si les grandes compagnies industrielles dominent le secteur, plus de 200 000 creuseurs artisanaux travaillent dans des conditions précaires et dangereuses.
- Les accidents mortels sont fréquents, révélant les tensions entre exploitants industriels, coopératives artisanales et autorités locales.
Réactions
- Le ministre provincial de l’Intérieur, Roy Kaumba Mayonde, a dénoncé l’accès illégal au site malgré son interdiction en raison du risque d’éboulement.
- La gouverneure du Lualaba, Fifi Massuka, a confirmé le bilan et annoncé l’ouverture d’une enquête.
- Des ONG locales accusent les exploitants et les militaires d’avoir favorisé un climat de danger et de panique.

Chronologie des accidents miniers (2020–2025)
| Date | Lieu | Victimes | Contexte |
| Septembre 2020 | Mine de diamant à Kamituga (Sud-Kivu) | ~50 morts | Effondrement d’une galerie souterraine après de fortes pluies. |
| Mai 2021 | Mine de cuivre et cobalt à Kambove (Haut-Katanga) | 9 morts | Éboulement dans une mine artisanale. |
| Juin 2021 | Shabara, près de Kolwezi (Lualaba) | 43 morts | Effondrement d’une mine de cuivre et cobalt fréquentée par des creuseurs clandestins. |
| Mars 2022 | Mine de Rubaya (Nord-Kivu) | 6 morts | Effondrement d’une galerie de coltan. |
| Août 2022 | Site artisanal de Kambove (Haut-Katanga) | 18 morts | Éboulement dans une mine de cuivre. |
| Avril 2023 | Mine de cassitérite à Kalehe (Sud-Kivu) | 15 morts | Glissement de terrain provoqué par des pluies torrentielles. |
| Juillet 2024 | Site artisanal de Kipushi (Haut-Katanga) | 14 morts | Effondrement d’une galerie de cuivre. |
| Novembre 2025 | Kalando, carrière de Mulondo (Lualaba) | 32–49 morts | Effondrement d’un pont artisanal sous la panique et les pluies, sur un site semi-industriel exploité par Pajeclem. |
Sources : Mines.cd ; Congo Quotidien ; Ministère des Mines RDC.
Analyse
- Récurrence : chaque année, plusieurs dizaines de mineurs artisanaux meurent dans des effondrements ou glissements de terrain.
- Causes principales : pluies torrentielles, infrastructures précaires, absence de normes de sécurité, afflux incontrôlé de creuseurs clandestins.
- Zones les plus touchées : provinces du Lualaba, du Haut-Katanga, du Sud-Kivu et du Nord-Kivu.
- Enjeux : ces drames révèlent la tension entre exploitation industrielle et artisanale, et la fragilité des communautés dépendantes de l’extraction minière.