Tocqueville – La vitalité associative

Tocqueville assiste à une réunion d’un club local pour la défense des droits des orphelins. Une trentaine de citoyens sont là : artisans, commerçants, instituteurs. Pas de fonctionnaires, pas de hiérarchie imposée. Juste des hommes et des femmes réunis par une cause.

Cincinnati – Novembre 1831

Un homme prend la parole :

— Nous avons récolté 200 dollars ce mois-ci. Cela permettra d’acheter des couvertures et des livres. Mais il nous faut plus de volontaires pour les visites.

Une jeune femme se lève :

— Je peux y aller le jeudi. Mon mari prendra les enfants.

Tocqueville est ému. Il note :

« Les Américains s’associent pour tout : pour construire une école, pour défendre une idée, pour secourir un voisin. Là où l’État ne vient pas, l’association surgit. »

Scène suivante — discussion avec un membre du club — Monsieur, dit Tocqueville, pourquoi ne demandez-vous pas à l’État d’agir ?

— Parce que l’État est loin. Nous, nous sommes là. Et nous savons mieux ce dont notre communauté a besoin.

— Mais cela demande du temps, de l’énergie…

— Oui. Mais cela nous rend vivants. Cela nous relie.

Tocqueville comprend : l’association est une école de citoyenneté. Elle combat l’individualisme, elle crée du lien, elle donne un sens à la liberté.

Dernière scène — Tocqueville seul, dans une bibliothèque Il lit les journaux locaux. Il découvre des centaines d’associations : pour l’éducation, la tempérance, l’abolition, la santé publique. Il écrit :

« L’association est le remède que la démocratie invente contre ses propres poisons. »

Il conclut :

« En France, on attend tout de l’État. En Amérique, on attend tout de soi-même — et des autres. »

Sur le sujet Tocqueville aux US

Le pouvoir des majorités