Série “Italie, lignes de faille”.
Naples, 6h38
Samira enfile sa blouse. Elle a dormi quatre heures. Le service est sous-staffé, les horaires s’étirent, les contrats se raccourcissent. « On soigne avec des plannings instables. On fatigue avec des salaires figés. »
En Italie, le travail est devenu une équation instable. Les jeunes enchaînent les CDD, les femmes jonglent entre emploi et charge familiale, les immigrés occupent les postes les plus précaires. Le taux de chômage des 15–24 ans dépasse 20 %. Et près d’un tiers des femmes ne sont pas actives – par choix ou par contrainte.
Samira pense à son collègue, embauché pour trois mois. À sa voisine, diplômée mais sans emploi depuis un an. À elle-même, qui travaille à plein temps mais ne sait jamais si son contrat sera renouvelé.
Naples, 21h12 – Elle rentre tard. Elle croise un jeune homme qui distribue des prospectus. Il lui dit : « Moi aussi, je suis médecin. Mais je n’ai pas trouvé de poste. » Elle le regarde. Elle pense : « Ici, le diplôme est parfois une promesse non tenue. »
Citation politique
« La précarité n’est pas une fatalité. Mais elle est devenue une norme silencieuse dans trop de secteurs. Il faut reconstruire des parcours stables. » – Roberta Cavicchioli, chercheuse en sociologie du travail.
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