Série “Italie, lignes de faille”.
Berlin, 20h18 – Luca regarde les annonces immobilières à Rome. Il compare. Il soupire. « Pour le prix de mon studio ici, je pourrais louer une chambre là-bas. Une chambre sans fenêtre. »
En Italie, le logement est devenu un filtre social. Les jeunes peinent à s’installer, les familles s’entassent, les villes se fragmentent. Les loyers explosent dans les centres, les périphéries se vident ou se densifient sans cohérence. Et les politiques urbaines peinent à suivre le rythme des flux migratoires et des mutations familiales.
À Milan, Florence, Rome, les quartiers changent de visage. Mais derrière les façades rénovées, les tensions persistent : précarité, exclusion, invisibilité. Luca pense à ses amis restés là-bas. À ceux qui vivent chez leurs parents à 30 ans. À ceux qui rêvent d’un chez-soi, mais n’ont que des compromis.
Berlin, 22h03 – Il ferme l’onglet. Il pense à revenir. Mais il se demande : « Revenir pour quoi ? Pour chercher un toit ou pour retrouver un sol ? »
Citation politique
« Le logement est un droit fondamental. Mais en Italie, il est devenu un privilège. Nous devons repenser nos politiques urbaines pour les jeunes et les familles. » – Stefano Boeri, architecte et urbaniste.
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Auteurs : Copi + AA