“Il y a des objets qui traversent les générations sans jamais perdre leur éclat. Le verre Duralex, 22 cl, modèle Picardie, est de ceux-là. Incassable, modeste, universel. De la cantine scolaire aux tables familiales, il a vu passer des millions de mains, des milliards de souvenirs. Mais derrière sa transparence se cache une histoire industrielle française faite de crises, de luttes, et de renaissance. En 2024, l’usine vacille. En 2025, elle se relève. Cette série raconte comment 228 salariés ont décidé de ne pas laisser tomber leur verre. Et comment, en six heures, le peuple a investi pour que Duralex vive encore. Bienvenue dans ‘République trempée’.”
Épisode 1 – Picardie 22 cl
“Il est là, posé sur la table. Transparent, trapu, familier. Le verre Duralex modèle Picardie, 22 centilitres, numéro 8 au fond. Dans la lumière de la cantine, il brille comme un témoin silencieux. Il a vu passer des générations d’enfants, des mains maladroites, des rires, des pleurs, des compotes renversées. Il est incassable, dit-on. Mais que cache cette solidité ?”
Mémoire d’un objet
Le verre Duralex n’est pas un simple contenant. C’est un objet-mémoire, un fragment de République. Il trône dans les cantines scolaires depuis les années 1950, distribué par millions, lavé, empilé, resservi. Il est le symbole discret d’une France égalitaire, où chaque enfant boit dans le même verre, peu importe son origine, son quartier, son histoire.
Une invention française
Né en 1945 à La Chapelle-Saint-Mesmin, le verre trempé Duralex est une révolution technique : résistant aux chocs, aux températures, aux maladresses. Son nom vient du latin Dura lex, sed lex – “La loi est dure, mais c’est la loi”. Un clin d’œil à sa robustesse… et à son ancrage républicain.
Dans les souvenirs collectifs
Pour beaucoup, le Duralex est associé à l’enfance. On se souvient du chiffre au fond du verre, devenu jeu de cour de récré : “Celui qui a le plus grand chiffre fait la vaisselle !” Il est aussi le verre des cantines africaines, des internats, des colonies de vacances, des hôpitaux. Un objet universel, modeste, mais chargé d’affect.
Et maintenant ?
Aujourd’hui, le verre Picardie est toujours fabriqué. Mais son avenir s’est assombri en 2024, lorsque l’usine a failli fermer. Ce récit commence ici : dans la lumière d’un verre, dans la mémoire d’un pays, dans la main d’un enfant. Le prochain épisode racontera comment ce symbole a vacillé… avant de renaître.
Auteurs : Copi + AA