En Europe, nous vivons dans des systèmes de santé largement régulés par l’État, où la solidarité nationale amortit les chocs. Aux États-Unis, la santé est avant tout un marché. Comprendre ce système, c’est mesurer l’écart abyssal entre deux visions du soin : l’une comme droit universel, l’autre comme bien marchand.
Les bases du système US
- Pas de couverture universelle : il n’existe pas d’équivalent à la Sécurité sociale française.
- Trois piliers fragmentés :
- Medicare (pour les plus de 65 ans).
- Medicaid (pour les plus pauvres).
- Assurances privées (majoritaires, souvent liées à l’emploi).
- Obamacare (Affordable Care Act) : instauré en 2010, il a élargi l’accès à l’assurance en subventionnant les ménages modestes et en interdisant aux assureurs de refuser les malades chroniques.
Les coûts vertigineux
- Prime annuelle moyenne pour une famille en 2025 : 27.000 $.
- Consultation généraliste : 200 $.
- Accouchement : 30.000 $
- Scanner : 1.000 $.
Ces chiffres révèlent une santé devenue luxe, où l’assurance est indispensable mais elle-même hors de prix.
Les conséquences sociales
- Classe moyenne étranglée : une part énorme du revenu est absorbée par la santé.
- Inégalités accrues : 27 millions d’Américains restent sans assurance.
- Stress permanent : la peur de tomber malade est aussi une peur de la ruine.
L’avenir incertain d’Obamacare
En 2025, des signaux politiques annoncent une possible suppression de l’Affordable Care Act.
- Les subventions fédérales expirent pour des millions de ménages.
- Les primes bondissent de 1.400 à 4.000 $ par mois.
- Les opposants dénoncent un système trop coûteux pour l’État, tandis que les défenseurs rappellent qu’il s’agit du seul filet de sécurité pour des millions de familles.
Tensions entre marché et solidarité
Le système de santé américain est un miroir grossissant des tensions entre marché et solidarité. Sa trajectoire actuelle – vers la fragilisation d’Obamacare – pose une question universelle : la santé est-elle un droit ou un produit ? En Europe, cette comparaison nous invite à défendre avec force nos modèles solidaires, car ils ne sont jamais acquis.