Série : Lignes de fracture en France Personnages : Élise & Mathieu.
Montreuil, Seine-Saint-Denis
Un ancien atelier de métallurgie, reconverti en coopérative ouvrière. Mathieu est venu seul cette fois, invité par Julien, un ami d’enfance devenu salarié-associé dans une SCOP (Société Coopérative et Participative). L’ambiance est studieuse, mais détendue. Pas de badge, pas de hiérarchie visible.
Julien : Ici, on décide ensemble. Un salarié, une voix. Mathieu : Et les salaires ? Julien : Égalitaires. Pas de grand écart. Et les bénéfices sont réinvestis ou partagés.
Ils font le tour de l’atelier. Des machines, des plans, des discussions techniques. Mais aussi des tableaux d’affichage où figurent les décisions prises en assemblée.
Mathieu (impressionné) : C’est une entreprise… mais avec une âme. Julien : C’est surtout une entreprise qui ne nous dépossède pas de notre travail.
Le soir, Élise rejoint Mathieu dans un café voisin. Il lui raconte tout, enthousiaste.
Mathieu : Tu te rends compte ? Ils ont repris l’outil de production. Ils ont redéfini le sens du travail. Élise : Et ils prouvent que l’entreprise peut être un lieu de démocratie. Pas juste de profit.
Ils discutent avec Fatou, une salariée-associée, qui leur parle de la fierté retrouvée, de la solidarité, des tensions aussi.
Fatou : Ce n’est pas parfait. Parfois, on se dispute. Mais au moins, on sait pourquoi on est là. Et pour qui on travaille.
Élise prend des notes. Elle pense à ses élèves, à leurs rêves, à leur rapport au travail.
Élise : Si on leur montrait ça… peut-être qu’ils verraient le travail autrement. Mathieu : Comme une construction collective. Pas une soumission.
Ils repartent tard, sous les lampadaires fatigués de Montreuil.
Élise (à voix basse) : Et si demain, toutes les entreprises ressemblaient à celle-là ? Mathieu : Alors la fracture entre possédants et travailleurs commencerait à se refermer.
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