Naître en Italie

Série “Italie, lignes de faille” – vers2045.com.

Le test est positif. Elena regarde l’écran, le cœur battant. Elle pense à son fils, à sa mère, à son travail, à l’appartement trop petit. Elle pense à l’Italie. Et elle hésite.

En 2023, le taux de natalité italien est tombé à 1,22 enfant par femme – un record historique. L’âge moyen à la première naissance dépasse les 32 ans. Les berceaux se font rares, les maternités ferment, les prénoms se diversifient.

Mais derrière les chiffres, il y a des choix. Des renoncements. Des silences. « On attend d’être prêts », dit-on. Mais prêts à quoi ? À affronter un marché du travail instable, des loyers exorbitants, une charge mentale invisible ?

Elena pense à son amie Chiara, qui a renoncé. À son collègue Marco, père à 45 ans. À elle-même, qui ne sait pas si elle veut ajouter une voix à ce pays qui parle si peu de ses enfants.

Elle ferme l’écran. Elle respire. Et elle murmure : « Naître ici, c’est déjà porter un poids. »

Citation

« Même pendant les deux guerres mondiales, les Italiens faisaient plus d’enfants qu’aujourd’hui. Ce déclin est historique. » – Massimiliano Valerii, directeur du centre Censis

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