L’Italie qui vieillit

Série “Italie, lignes de faille” – vers2045.com.

La lumière de fin d’après-midi traverse les volets entrouverts. Elena regarde sa mère, assise dans le fauteuil trop grand, les mains posées sur ses genoux comme deux oiseaux fatigués. Elle ne parle pas. Elle attend.

« Elle ne veut pas déranger », pense Elena. Mais c’est le pays qui l’a mise en attente. À Milan, comme ailleurs, les vieux sont nombreux. Invisibles, mais nombreux. L’âge médian dépasse les 47 ans. Les berceaux se vident, les maisons se figent, les voix s’éteignent doucement.

Dans les villages, les écoles ferment. Dans les villes, les files d’attente s’allongent devant les cabinets médicaux. Le ratio de dépendance grimpe – bientôt trois inactifs pour quatre actifs. Et pourtant, dans les discours politiques, on parle de relance, de jeunesse, de futur. Comme si vieillir était une anomalie.

Elena pense à son fils, à ses nuits hachées, à ses trajets entre crèche et travail. Elle pense à sa mère, qui ne demande rien. Et elle se demande : « Est-ce que vieillir, ici, c’est forcément se taire ? »

Citation

« Le piège démographique est en train de se refermer sur l’Italie. Il y a mathématiquement toujours moins de femmes en âge de procréer, et la baisse du nombre d’enfants par couple s’amplifie. » – Francesco Billari, démographe, recteur de l’Université Bocconi.

Sur le mime sujet

Voix croisées – prélude à la série Italie, lignes de faille

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