Tocqueville observe les rouages de l’administration fédérale. Tout est organisé, rationnel, efficace. Mais il ressent un malaise : et si cette efficacité cachait une autre forme de domination ?
Washington — Janvier 1832
Il écrit :
« Je vois une foule innombrable d’hommes semblables et égaux, qui tournent sans repos sur eux-mêmes pour se procurer de petits et vulgaires plaisirs. »
Scène suivante — discussion avec un fonctionnaire — Monsieur, dit Tocqueville, ne craignez-vous pas que l’État prenne trop de place dans la vie des citoyens ?
— Mais il nous protège, il nous guide, il nous facilite la vie. Pourquoi s’en plaindre ?
Tocqueville fronce les sourcils. Il note :
« Le pouvoir ne brise pas les volontés, il les amollit. Il ne tyrannise pas, il infantilise. »
Dernière scène — Tocqueville seul, dans un parc enneigé Il regarde les passants, absorbés dans leurs routines. Il imagine un futur où la liberté n’est pas supprimée, mais oubliée. Il écrit :
« Le despotisme doux ne tue pas la liberté, il la dissout dans le confort. »
Il conclut :
« Il faut que les citoyens s’éveillent, s’associent, s’engagent. Sinon, ils glisseront doucement dans une servitude molle, sans même s’en apercevoir. »
Sur le sujet Tocqueville aux US