Série : Lignes de fracture en France. Personnages : Élise & Mathieu.
Librairie indépendante, centre-ville de Limoges
Une petite salle à l’arrière, entre les rayons de philosophie et de sociologie. Élise et Mathieu assistent à une rencontre avec Aurore, autrice engagée, qui vient de publier “Les mondes qu’on ne raconte pas”. Elle parle avec passion, les mains qui dansent, les mots qui claquent.
Aurore : On vit dans des récits imposés. Le récit de la croissance, de la réussite individuelle, de la compétition. Et tant qu’on ne change pas les histoires, on ne changera pas le monde.
Élise prend des notes frénétiquement. Mathieu, lui, écoute en silence, absorbé.
Élise (à voix basse) : Elle dit ce que je pense depuis des années. Mais avec des mots qui touchent. Mathieu : Parce qu’elle raconte. Pas juste explique. Elle fait sentir.
Après la conférence, ils discutent avec Aurore autour d’un verre de vin rouge.
Aurore : Les récits sont des armes. Ils peuvent enfermer ou libérer. Mathieu : Et aujourd’hui, on est enfermés dans des récits de peur, de manque, de fatalité. Élise : Alors il faut en écrire d’autres. Des récits de lien, de justice, de possibles.
Aurore leur parle de ses ateliers d’écriture dans les quartiers, les prisons, les écoles. Elle leur montre des textes écrits par des jeunes, des récits de vie, des fragments de révolte et d’espoir.
Aurore : Ce ne sont pas des utopies. Ce sont des réalités en germe. Des mondes qui attendent d’être reconnus.
Le soir, dans le train du retour, Élise relit un texte d’un adolescent : “Je veux un monde où ma mère ne pleure pas devant les factures.” Elle le lit à voix haute. Mathieu reste silencieux.
Mathieu : Voilà. C’est ça, le vrai programme politique. Élise : Et c’est dans ces récits qu’on trouvera les clés du changement.
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