Madagascar : les premiers pas d’un Premier ministre inattendu

Antananarivo, 21 octobre 2025 – À peine nommé, déjà scruté. Herintsalama Rajaonarivelo, nouveau Premier ministre de Madagascar, entre en scène sans tambour militaire, mais avec une partition technocratique qui intrigue autant qu’elle divise. Dans un pays secoué par les revendications de la Gen Z et la chute du régime Rajoelina, sa nomination marque un virage – ou un leurre ?

Acte I : rigueur et inventaire

Dès le lendemain de sa nomination par le président de la Refondation, le colonel Michael Randrianirina, Rajaonarivelo signe une directive qui donne le ton : inventaire exhaustif de tous les biens de l’administration, suspension des engagements budgétaires (hors dépenses alimentaires), interdiction de sortie du territoire pour les hauts responsables sans autorisation. Une mesure d’urgence ou un geste symbolique ? Le nouveau chef du gouvernement veut marquer la rupture, mais les réseaux sociaux s’interrogent : pourquoi ce profil, et pourquoi maintenant ?

Acte II : un technocrate sous surveillance

Ancien président de la Banque Nationale d’Industrie et du patronat malgache (FIVMPAMA), Rajaonarivelo incarne une expertise économique reconnue. Il a conseillé la Banque mondiale, l’Union européenne, le PNUD. Mais son passé, lié à des figures du régime précédent, suscite des interrogations. La Gen Z, fer de lance des mobilisations, avait exigé un Premier ministre hors du sérail politique. Ont-ils été entendus ou contournés ?

 Acte III : la jeunesse en alerte

Sur TikTok, Twitter et Telegram, les jeunes leaders malgaches réagissent. Certains saluent la fin de l’ère militaire, d’autres dénoncent une technocratie de façade. Un conclave citoyen est annoncé pour évaluer les premières mesures du gouvernement. Le mot d’ordre : transparence, mais aussi vigilance.

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