Mohammed ben Salman en visite officielle aux États-Unis

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Le prince héritier saoudien Mohammed ben Salman (MBS) est en visite officielle aux États-Unis du 17 au 19 novembre 2025. Il rencontre Donald Trump à Washington pour discuter d’économie, de défense et du Proche-Orient. Cette visite, la première depuis sept ans, est marquée par des enjeux stratégiques majeurs.

Une visite sous haute tension

Contexte et symbolique

  • Première visite depuis 2018 : MBS n’avait pas remis les pieds à la Maison Blanche depuis l’assassinat du journaliste Jamal Khashoggi, qui avait provoqué une crise diplomatique.
  • Durée : trois jours, du 17 au 19 novembre 2025.
  • Objectif affiché : renforcer l’alliance avec les États-Unis et consolider ses liens personnels avec Donald Trump.

Économie et technologie

  • Une conférence d’investisseurs sur l’intelligence artificielle est au cœur du programme. Riyad et Washington veulent sceller des contrats dans la Tech, les semi-conducteurs et les data centers.
  • Déjà en mai 2025, des accords commerciaux de 600 milliards de dollars avaient été signés lors de la visite de Trump en Arabie saoudite.
  • MBS arrive avec une délégation impressionnante d’un millier de personnes, signe de son ambition d’impressionner son hôte.

Défense et géopolitique

  • Washington souhaite conclure un pacte de défense avec Riyad. Mais l’accord pourrait être conditionné à une extension des accords d’Abraham et à une normalisation avec Israël.
  • Israël exerce une forte pression pour que la vente d’armes sophistiquées, comme les F-35, soit liée à une reconnaissance officielle de l’État hébreu.
  • MBS, de son côté, continue de poser comme condition la reconnaissance d’un État palestinien, en cohérence avec ses discussions avec la France.

Enjeux régionaux

  • La visite illustre la recomposition du Moyen-Orient : rivalités entre Israël et l’Arabie saoudite pour influencer Washington.
  • MBS veut montrer que la sécurité du royaume reste intimement liée aux États-Unis, malgré les tentations chinoises ou russes.
  • Cette stratégie confirme que Riyad privilégie Washington comme partenaire central pour la stabilité régionale.

Diplomatie et affaires

  • Les liens personnels et financiers entre Trump et les monarchies du Golfe sont au cœur des critiques. Le New York Times a révélé un projet immobilier géant de la Trump Organization en Arabie saoudite, brouillant les frontières entre diplomatie et affaires.

A retenir

Cette visite de Mohammed ben Salman aux États-Unis est bien plus qu’un simple déplacement protocolaire. Elle cristallise les enjeux économiques (IA, contrats géants), militaires (pacte de défense, ventes d’armes), et diplomatiques (Israël-Palestine, accords d’Abraham). Elle marque aussi le retour du prince héritier sur la scène américaine après des années de tensions, dans un contexte où Washington et Riyad cherchent à redéfinir leur partenariat stratégique.