USS Randolph (CV‑15) : le porte‑avions frappé dans son sommeil

1944 — 1969 : un Essex combatif, survivant d’une attaque audacieuse. L’USS Randolph (CV‑15) est l’un des porte‑avions les plus actifs de la fin de la Seconde Guerre mondiale. Mis en service en octobre 1944, il arrive tard dans le conflit, mais il participe immédiatement aux opérations les plus intenses du Pacifique. Il deviendra célèbre pour avoir survécu à une attaque kamikaze particulièrement audacieuse… alors qu’il était au mouillage.

Conception : un Essex moderne et robuste

Comme tous les Essex, le Randolph est conçu pour les opérations intensives.

Caractéristiques principales

  • Déplacement : 36 000 tonnes
  • Longueur : 265 m
  • Vitesse : 33 nœuds
  • Capacité : 90 à 100 avions
  • Blindage renforcé
  • Pont d’envol élargi
  • Hangars vastes
  • Systèmes anti‑incendie améliorés

Le Randolph est un porte‑avions puissant, rapide et résistant, parfaitement adapté aux combats de 1944–1945.

1945 : premières opérations dans le Pacifique

Dès son arrivée, le Randolph participe à des opérations majeures :

  • bombardements sur Formose
  • soutien aux débarquements aux Philippines
  • raids sur Okinawa
  • attaques contre le Japon

Il devient rapidement un acteur clé de la Task Force 58.

11 mars 1945 : l’attaque kamikaze la plus audacieuse

Alors que le Randolph est au mouillage à Ulithi, un immense atoll servant de base avancée américaine, un pilote kamikaze japonais parvient à s’infiltrer de nuit.

L’attaque

  • L’avion vole très bas, échappant aux radars
  • Il surgit soudainement au-dessus de la rade
  • Il s’écrase directement sur le pont d’envol du Randolph

Conséquences

  • 27 morts
  • 105 blessés
  • incendies violents
  • dégâts importants au pont d’envol

L’attaque choque la Navy : Ulithi était considéré comme un sanctuaire.

Réparations express et retour au combat

Malgré les dégâts, le Randolph est réparé en un temps record. Quelques semaines plus tard, il participe aux derniers raids contre le Japon.

Il démontre une résilience remarquable, typique de la classe Essex.

Après-guerre : une carrière longue et variée

Le Randolph ne s’arrête pas en 1945.

Il participe à :

  • la guerre froide
  • des missions anti‑sous‑marines
  • des opérations de surveillance dans l’Atlantique
  • des exercices de l’OTAN

Il est modernisé dans les années 1950 :

  • pont oblique
  • catapultes plus puissantes
  • radars avancés

Il devient un porte‑avions polyvalent, capable d’opérer des avions à réaction.

Un rôle dans le programme spatial

Le Randolph sert également de navire de récupération pour la NASA.

Il récupère :

  • la capsule Mercury MA‑4 (1961)

Il participe ainsi à l’aventure spatiale américaine.

Fin de carrière

Le Randolph est retiré du service en 1969 et démantelé en 1975.

Héritage : un Essex marqué par l’audace ennemie

L’USS Randolph (CV‑15) est :

  • un vétéran des dernières batailles du Pacifique
  • un survivant d’une attaque kamikaze spectaculaire
  • un acteur de la guerre froide
  • un participant au programme spatial

Il incarne la robustesse et la polyvalence de la classe Essex, tout en portant l’une des histoires les plus surprenantes de la guerre du Pacifique.

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