Série “France, logée à la marge”.
“Ils ont frappé à 6h. J’ai eu 15 minutes pour partir.”
Jean, 72 ans, expulsé de son logement à Limoges pour loyers impayés, n’a reçu aucun relogement. Il dort désormais dans sa voiture. En 2025, plus de 19 000 ménages ont été expulsés, un record depuis la fin de la crise sanitaire.
Une procédure de plus en plus rapide
La nouvelle loi sur l’expulsion locative, entrée en vigueur début 2025, introduit une audience unique et une clause résolutoire obligatoire dans les baux. Résultat : les délais de recours se raccourcissent, les expulsions s’accélèrent, et les marges de négociation s’amenuisent.
“L’expulsion est devenue une formalité administrative. Mais pour les familles, c’est une fracture.” – Collectif Droit au Logement
Des chiffres alarmants
- 19 000 expulsions effectives en 2025
- +17 % par rapport à 2024
- 60 % des expulsés n’ont reçu aucune proposition de relogement
- 1/3 des expulsés sont des familles avec enfants
Des vies disloquées
L’expulsion ne se résume pas à un départ forcé. Elle entraîne perte de repères, rupture scolaire, isolement social, précarisation extrême. Les femmes seules, les personnes âgées et les jeunes actifs sont particulièrement exposés.
Trêve hivernale : un rempart fragile
Du 1er novembre 2025 au 31 mars 2026, les expulsions sont suspendues.
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