1944 — 1973 : un Essex redoutable, survivant de deux attaques kamikazes meurtrières. L’USS Ticonderoga (CV‑14) est l’un des porte‑avions les plus actifs de la fin de la Seconde Guerre mondiale. Mis en service en mai 1944, il arrive tard dans le conflit, mais il va participer à certaines des opérations les plus intenses du Pacifique. Sa robustesse et la bravoure de son équipage lui permettront de survivre à deux attaques kamikazes particulièrement destructrices.
Conception : un Essex de nouvelle génération
Comme tous les Essex, le Ticonderoga est conçu pour les opérations intensives et prolongées.
Caractéristiques principales
- Déplacement : 36 000 tonnes
- Longueur : 265 m
- Vitesse : 33 nœuds
- Capacité : 90 à 100 avions
- Blindage renforcé
- Pont d’envol élargi
- Hangars vastes
- Systèmes anti‑incendie améliorés
Le Ticonderoga est un porte‑avions robuste, rapide et polyvalent, parfaitement adapté aux combats de 1944–1945.
1944–1945 : un acteur majeur des dernières offensives
Dès son arrivée dans le Pacifique, le Ticonderoga participe à des opérations cruciales.
Campagnes majeures
- Philippines
- Formose
- Indochine
- Okinawa
- Raids sur le Japon
Il devient rapidement l’un des porte‑avions les plus actifs de la Task Force 38.
21 janvier 1945 : première attaque kamikaze
Alors qu’il opère près de Formose, le Ticonderoga est frappé par un kamikaze qui s’écrase sur le pont d’envol.
Conséquences
- incendies massifs
- explosions d’avions chargés de bombes
- dégâts importants au pont et aux hangars
Malgré cela, l’équipage parvient à maîtriser les flammes et à sauver le navire.
Deuxième attaque le même jour
Quelques heures plus tard, un second kamikaze frappe le Ticonderoga, aggravant les dégâts.
Bilan humain
- plus de 140 morts
- des dizaines de blessés
C’est l’une des journées les plus sombres de l’histoire du navire.
Pourtant, le Ticonderoga ne coule pas. Il parvient à se retirer et à rejoindre les États‑Unis pour réparations.
Un retour rapide au combat
Après plusieurs mois de réparations, le Ticonderoga retourne au Pacifique en juillet 1945. Il participe aux derniers raids contre le Japon, démontrant une résilience exceptionnelle.
Après-guerre : une carrière longue et variée
Le Ticonderoga ne s’arrête pas en 1945.
Il participe à :
- la guerre froide
- des missions anti‑sous‑marines
- des opérations de surveillance dans le Pacifique
- la guerre du Vietnam (années 1960)
Il est modernisé dans les années 1950 :
- pont oblique
- catapultes plus puissantes
- radars avancés
Il devient un porte‑avions polyvalent, capable d’opérer des avions à réaction.
Un rôle dans le programme spatial
Comme plusieurs Essex modernisés, le Ticonderoga sert de navire de récupération pour la NASA.
Il récupère :
- la capsule Gemini 2
- la capsule Apollo 17 (1972), dernière mission lunaire habitée
Il devient ainsi un acteur discret mais symbolique de la conquête spatiale.
Fin de carrière
Le Ticonderoga est retiré du service en 1973 et démantelé en 1975.
Héritage : un survivant exemplaire
L’USS Ticonderoga (CV‑14) est :
- un vétéran des dernières batailles du Pacifique
- un survivant de deux attaques kamikazes dévastatrices
- un acteur de la guerre froide et du Vietnam
- un participant à la conquête spatiale
Il incarne la robustesse et la polyvalence de la classe Essex.
Sur le même thème
USS Franklin (CV‑13) : le porte‑avions qui a survécu à l’enfer