Pékin renonce, pour l’instant, à son rêve d’un accélérateur géant de particules. Le gouvernement chinois a annoncé la suspension du CEPC (Circular Electron Positron Collider), un projet pharaonique lancé il y a une dizaine d’années et censé surpasser le LHC du CERN. L’objectif était de bâtir la plus grande « usine à Higgs » du monde, capable de produire des milliers de bosons de Higgs pour percer les mystères de la matière et de l’univers.
Un coût trop important
Près de 4,8 milliards d’euros, le projet n’a pas été retenu dans le dernier plan quinquennal chinois, signe que Pékin préfère désormais miser sur un collisionneur plus modeste, moins coûteux et plus rapide à mettre en œuvre.
Un choix dicté par la réalité économique. La Chine, confrontée à un ralentissement économique et à des priorités budgétaires plus pressantes, a jugé l’investissement disproportionné. Le CEPC était perçu comme un symbole de prestige scientifique, mais difficile à justifier dans le contexte actuel. Pékin entend malgré tout rester dans la course en physique des particules, mais avec des projets plus réalistes.
Conséquences internationales
Cette décision est accueillie avec soulagement en Europe. Le FCC (Future Circular Collider), projet concurrent du CERN, voyait son avenir étroitement lié à celui du CEPC. La mise en pause du projet chinois réduit la compétition et offre au CERN une fenêtre d’opportunité pour avancer sur son propre chantier.
Une ambition reportée
Le gel du CEPC ne signifie pas un abandon définitif. Les autorités chinoises laissent entendre qu’un tel projet pourrait revenir sur la table à plus long terme, lorsque les conditions économiques et politiques seront plus favorables. En attendant, la Chine se concentre sur des initiatives scientifiques plus modestes, mais qui lui permettent de rester un acteur incontournable dans la recherche fondamentale.
Une aubaine pour le CERN
Le CERN, basé près de Genève, est au cœur de l’actualité scientifique en 2025 pour plusieurs raisons :
- Découverte sur les tétraquarks : La collaboration CMS a annoncé début décembre 2025 la première mesure des propriétés quantiques d’une famille de tétraquarks. Ces particules, composées de quatre quarks, sont des objets exotiques qui défient les modèles traditionnels de la physique des particules.
- Projet FCC (Future Circular Collider) : Le CERN prépare activement son projet titanesque de collisionneur circulaire de 91 km de circonférence, estimé à 14 milliards de francs suisses. Ce futur accélérateur vise à explorer les mystères de l’univers, notamment la matière noire et l’antimatière. La décision de construction est attendue pour 2028.
- Impact du gel chinois : La suspension du projet chinois CEPC est perçue comme une opportunité pour le CERN. Sa directrice générale, Fabiola Gianotti, a déclaré que cette décision « dégage l’horizon » pour le FCC, qui se retrouve désormais en position de force dans la course mondiale aux grands accélérateurs.
- Reconnaissance internationale : En avril 2025, les équipes des détecteurs géants du CERN ont reçu le prix spécial de physique fondamentale, doté de plusieurs millions de dollars, pour leurs contributions majeures à la recherche.
En résumé, le CERN est à un moment charnière : il consolide ses découvertes actuelles tout en préparant un projet colossal qui pourrait définir l’avenir de la physique fondamentale en Europe pour les décennies à venir.