Formulée par le président James Monroe, elle posait le principe que l’hémisphère occidental devait rester à l’abri des ingérences européennes. Elle servait de justification à une politique américaine centrée sur la défense du continent, et plus tard à l’expansion de l’influence des États‑Unis en Amérique latine.
Le “Trump Corollary”
La NSS 2025 reprend cette logique mais l’adapte à l’époque contemporaine :
- Recentrage sur l’hémisphère occidental : Trump affirme que la priorité est de sécuriser les Amériques contre les menaces extérieures (migration, cartels, influence chinoise ou russe).
- Réduction des engagements globaux : contrairement aux doctrines post‑1945, il rejette l’idée que les États‑Unis doivent être le “gendarme du monde”.
- Civilisation occidentale : le texte insiste sur une défense culturelle et civilisationnelle, décrivant l’Europe comme en “déclin” et plaçant les États‑Unis comme le cœur de la survie occidentale.
- Doctrine de souveraineté : chaque nation est encouragée à défendre ses propres intérêts, mais l’Amérique se réserve le droit d’agir dans son voisinage immédiat.

Les implications stratégiques
- Militaires : renforcement de la présence américaine dans les Caraïbes, en Amérique centrale et du Sud, plutôt que dans le Moyen‑Orient ou l’Afrique.
- Politiques : pression accrue sur les gouvernements jugés hostiles dans la région (Venezuela, Cuba), avec une logique de “containment” régional.
- Économiques : sécurisation des chaînes d’approvisionnement et lutte contre les trafics transnationaux.
- Symboliques : affirmation que l’Amérique n’a plus vocation à “sauver” le monde, mais à protéger son espace vital.
Ce que cela change
Le “Trump Corollary” marque une rupture doctrinale :
- Il abandonne la logique de projection globale héritée de la Guerre froide.
- Il transforme la Doctrine Monroe en une stratégie de survie civilisationnelle, où l’Amérique se concentre sur son voisinage et laisse le reste du monde à ses propres dynamiques.
- Il envoie un signal fort aux alliés : l’OTAN et l’Europe ne sont plus prioritaires, ce qui bouleverse l’équilibre stratégique transatlantique.
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