Série : Lignes de fracture en France Personnages : Élise & Mathieu. Centre social, banlieue de Lyon. Une salle simple, des fauteuils dépareillés, des voix discrètes. Élise et Mathieu participent à un cercle de parole animé par Samira, travailleuse sociale. Autour d’eux : Ali, réfugié syrien ; Claire, en situation de handicap moteur ; Moussa, jeune sans-papiers ; Édith, retraitée isolée.
Donner la parole à ceux qu’on entend rarement
Samira : Ici, on parle de ce qui ne se voit pas. De ce qui ne fait pas la une. Ali : Moi, je suis invisible. Je n’ai pas de papiers, donc pas de droits. Claire : Moi, j’ai des droits, mais pas d’accès. Les rampes, les transports, les regards…
Élise écoute, bouleversée. Mathieu prend des notes, mais surtout, il observe les silences. Les non-dits. Les regards fuyants.
Moussa : On parle de fracture sociale. Mais pour nous, c’est une fracture existentielle. On n’a même pas de place dans le récit national. Édith : Et moi, j’ai une place. Mais elle est vide. Depuis que mon mari est parti, je ne parle à personne. Je suis là, mais personne ne me voit.
Ils discutent longtemps. Pas de solution miracle. Mais une reconnaissance. Une mise en lumière.
Élise (à voix basse) : Ces voix-là devraient être au cœur du débat. Mathieu : Parce qu’elles révèlent ce que les statistiques ne disent pas. Ce que les politiques ne veulent pas voir.
Le soir, ils repartent en silence. Pas de feu d’artifice. Juste une certitude.
Élise : On a fini la cartographie. Mathieu : Maintenant, il faut passer à l’action.
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