Mi-août 2025. Le mouvement Bloquons tout, né sur Telegram et TikTok, commence à inquiéter les autorités. Ce qui n’était qu’un appel citoyen à la désobéissance devient un terrain de jeu politique. Les partis s’agitent. Les syndicats s’organisent. Le gouvernement s’alarme.
Mélenchon entre en scène
Le 17 août, Jean-Luc Mélenchon publie une tribune dans La Tribune :
« Nous soutenons l’initiative populaire du 10 septembre. Nous déposerons une motion de censure pour faire tomber le gouvernement. »
La France insoumise (LFI) embrasse le mouvement, malgré ses origines souverainistes et ses liens avec des figures controversées. Éric Coquerel, député LFI, déclare sur France Inter :
« Plus il y aura de mobilisations sociales, plus nous serons à même de renverser Bayrou et de mettre fin à la politique de Macron. »
🔹 La CGT et Solidaires : bras syndical
Une partie de la CGT et Solidaires d’abord prudents, rejoignent l’appel. Préavis de grève, blocages de dépôts, actions coordonnées : ils apportent une logistique que les collectifs citoyens n’ont pas. Mais cette alliance reste fragile : certains militants refusent toute récupération.
🔹 Retailleau contre-attaque
Le ministre de l’Intérieur, Bruno Retailleau, dénonce une dérive :
« Le mouvement s’est gauchisé. L’ultragauche et la CGT veulent paralyser le pays. »
Il annonce des consignes strictes aux préfets : protéger les sites stratégiques, empêcher les blocages. Les services de renseignement parlent d’un mouvement horizontal, imprévisible, où « chacun fait ce qu’il veut ».
🔹 Une récupération à double tranchant
Cette politisation du mouvement pose question :
- Elle lui donne une visibilité nationale
- Mais elle risque de diluer son message originel, celui d’une révolte citoyenne sans chef ni parti
Julien Marissiaux, initiateur des Essentiels, reste en retrait. Il déclare à France 3 :
« Le 10 septembre, c’est un symbole d’union. Chacun peut mener des actions à sa manière. »
Ce qu’il faut retenir
Le 10 septembre approche. Entre soutien politique et rejet des étiquettes, « Bloquons tout » avance en funambule sur le fil de la contestation. Reste à savoir si la rue parlera plus fort que les tribunes.
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