La solitude du citoyen démocratique

Philadelphie : Tocqueville marche dans les rues larges et ordonnées. Les maisons sont propres, les jardins bien entretenus. Mais quelque chose le frappe : les portes sont closes, les regards fuyants.

Philadelphie – Octobre 1831

Tocqueville note :

« L’individualisme démocratique n’est pas l’égoïsme. C’est un repli tranquille, une séparation douce entre l’homme et la société. »

Scène suivante –  discussion avec un libraire

  • Monsieur, dit Tocqueville, vous semblez vivre dans une société très libre. Mais vous parlez peu à vos voisins.
  • La liberté, c’est aussi le droit d’être seul. Je travaille, je lis, je vote. Que me faut-il de plus ?
  • Et si la société s’effondre ?
  • Alors je m’adapterai. Comme toujours.

Tocqueville est troublé. Il voit une démocratie où chacun est maître de soi, mais aussi isolé dans sa sphère privée.

Scène suivante – Tocqueville dans une taverne

Il observe des hommes jouant aux cartes. Ils rient, mais chacun semble enfermé dans son rôle. Pas de fraternité, juste des échanges fonctionnels. Il écrit :

« La démocratie pousse les hommes à se ressembler, mais non à se rapprocher. »

Dernière scène – Tocqueville seul dans sa chambre

Il relit ses notes. Il pense à la France, où les liens sociaux sont encore tissés par la tradition, la famille, la religion. Ici, tout repose sur le choix individuel. Il murmure :

La liberté démocratique est une conquête. Mais elle peut devenir une prison invisible.

Il conclut :

« Plus les citoyens sont égaux, plus ils sont semblables. Et plus ils sont semblables, plus ils risquent de s’ignorer. »

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