Alors que les Français épargnent des centaines de milliards d’euros chaque année, que les grands groupes affichent des résultats insolents, et que les fonds souverains se parent de vertus patriotiques, une PME stratégique de l’aéronautique, Généré, passe sous pavillon thaïlandais. Jinpao, discret mais ambitieux, s’installe dans la filière française avec une facilité déconcertante. Et pendant ce temps, nos dirigeants regardent ailleurs, trop occupés à célébrer les centaines de millions levés par Ace Aéro Partenaires 1 et 2, censés justement éviter ce genre de scénario.
Mais que vaut un fonds si ses milliards ne sont pas là au bon moment, au bon endroit, pour les bonnes entreprises ?
L’épargne française dort, l’industrie s’effondre
On nous répète que les Français n’ont jamais autant épargné. Que les livrets A débordent. Que les fonds d’investissement cherchent du sens. Mais où sont-ils quand une PME comme Généré, acteur reconnu de la mécanique de précision, cherche un partenaire pour survivre et se développer ? Où sont-ils quand il faut défendre une filière qui irrigue des milliers d’emplois, des savoir-faire critiques, et une capacité stratégique nationale ?
Ace Aéro Partenaires : un puzzle sans pièces
Ace Aéro Partenaires 1 et 2 ont été créés pour soutenir la filière. Très bien. Mais à quoi servent ces fonds si des entreprises clés échappent à leur radar ? Si les délais de décision sont trop longs, les critères trop rigides, ou les montants trop timides ? Jinpao, lui, n’a pas tergiversé. Il a agi. Et il a gagné.
Souveraineté industrielle : un mot creux ?
La souveraineté industrielle ne se décrète pas dans les discours. Elle se construit dans les actes. Elle exige de la réactivité, du courage, et une vision stratégique. Laisser des acteurs étrangers s’implanter dans des maillons critiques de la supply chain aéronautique, c’est fragiliser notre autonomie technologique, exposer nos dépendances, et hypothéquer notre avenir industriel.
Il est temps de réveiller les consciences
Cette tribune est un appel. Un appel à repenser nos outils de financement, à mobiliser l’épargne nationale intelligemment, à renforcer les dispositifs de veille et de protection. Et surtout, à cesser de croire que la souveraineté industrielle se résume à des logos sur des fonds d’investissement.
Car pendant que nos dirigeants célèbrent des montants levés, d’autres achètent nos savoir-faire.