L’intersyndicale appelle à la justice sociale et fiscale – et elle a raison. Mais l’expérience le montre : sans revendications précises, le combat perd en intensité.
La colère sociale ne peut se réduire à la réforme des retraites
À la veille de cette deuxième mobilisation, après le succès du 18 septembre, une évidence s’impose : la souffrance sociale est plus large, plus profonde. L’annulation de la loi sur les retraites, aussi symbolique soit-elle, ne suffira pas à répondre à l’urgence vécue dans les entreprises, les services publics, les foyers.
Ceux qui connaissent le mouvement syndical français savent combien il est difficile de définir des revendications communes à huit organisations. Et pourtant, c’est aujourd’hui une nécessité vitale.
Le Medef se ridiculise en tentant d’imiter les organisations de travailleurs. Peut-on encore parler de « patronat » quand celui-ci est biberonné à plus de 200 milliards d’aides publiques par an ?
Peut-on laisser les gouvernements successifs détruire méthodiquement le droit du travail, acquis souvent de haute lutte ?
La justice sociale et fiscale ne peut rester un slogan abstrait. Elle doit s’incarner dans des revendications palpables, chiffrées, mobilisatrices : salaires, conditions de travail, temps partiels contraints, précarité, pouvoir d’achat. Sans cela, le mouvement risque de s’essouffler dans le flou. Et alors, reviendront encore et encore des colères diffuses – comme celles des gilets jaunes, ou du 10 septembre dernier.
Aujourd’hui, le rapport de force est favorable aux travailleurs. Le patronat est déconsidéré, inconscient de la situation sociale explosive. Les dirigeants politiques, eux, semblent englués dans la satisfaction de leurs intérêts personnels ou partisans.
Le mouvement syndical est le dernier rempart pour que la France ne sombre pas. Il est temps de lui donner les armes claires d’un combat juste.
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