Le 54ᵉ congrès confédéral de la CGT à Tours en 2026 s’est tenu du 1ᵉʳ au 5 juin 2026. La secrétaire générale sortante Sophie Binet a été réélue à la tête de la CGT, confirmant la stabilité de la direction après les tensions du congrès précédent. Elle a insisté sur la nécessité de « prendre soin de la CGT comme de la prunelle de nos yeux » et a revendiqué une organisation « en pleine forme ».
Une direction renouvelée et largement approuvée
Plus de 80 % des congressistes ont validé la nouvelle Commission exécutive confédérale (CEC), signe d’un climat interne apaisé. Plusieurs nouvelles figures entrent au bureau confédéral, notamment Virginie Neumayer, Agathe Le Berder et Serge Raggazacci.
Les grands débats stratégiques : extrême droite, multinationales, renouveau syndical
Le congrès a été marqué par trois axes majeurs :
- Lutte contre l’extrême droite, considérée comme un enjeu central dans un contexte politique tendu.
- Stratégies face au pouvoir des multinationales, dans un contexte de mondialisation et de précarisation.
- Renouveau des pratiques syndicales, pour répondre aux nouvelles formes d’exploitation et aux « déserts syndicaux ».
Le rapport d’activité souligne que la lutte contre l’extrême droite a été le « fil rouge du mandat » précédent.
Un diagnostic lucide sur les difficultés de la CGT
Malgré un regain de visibilité lors du mouvement contre la réforme des retraites, la CGT reconnaît :
- une stagnation des adhésions,
- une implantation insuffisante dans certains territoires,
- une difficulté à attirer les ICTAM (ingénieurs, cadres, techniciens).
Le document d’orientation appelle à ne pas « chercher des prétextes extérieurs » et à assumer les responsabilités internes.
Les votes statutaires et documents structurants
Le congrès a examiné et voté :
- le rapport d’activité,
- le document d’orientation,
- le rapport financier,
- des révisions statutaires (articles 8, 24, 25),
- les candidatures à la CEC et à la Commission financière de contrôle.
Ces décisions fixent la ligne de la CGT pour les trois prochaines années.
Un “plan de bataille” social annoncé
À l’issue du congrès, la CGT a dévoilé un calendrier de mobilisations :
- 10 juin : grève des cheminots,
- 11 juin : vote sur la nationalisation d’ArcelorMittal,
- 16 juin : manifestation pour défendre le 1ᵉʳ mai,
- 18 juin : grève des journalistes contre l’influence de Vincent Bolloré,
- Semaine d’action sur les salaires à partir du 22 juin.
Une dimension internationale affirmée
Le congrès a accueilli des délégations syndicales du monde entier pour partager des expériences de lutte face à la montée mondiale des extrêmes droites et aux stratégies des multinationales.
Un congrès symbolique et rassembleur
Le congrès a rendu hommage aux anciens dirigeants Philippe Martinez et Bernard Thibault, présents à Tours, et a mis en avant la solidarité comme valeur fondatrice.
Portrait de Sophie Binet
Sophie Binet, 44 ans, est une syndicaliste française devenue en 2023 la première femme secrétaire générale de la CGT. Elle vient d’être réélue en juin 2026 pour un nouveau mandat de trois ans à la tête du deuxième syndicat français, à l’issue d’un congrès à Tours marqué par l’apaisement et le rassemblement interne.
Parcours et engagements
- Née en 1982 à Metz, elle a étudié la philosophie à l’université de Nantes, où elle s’engage à l’UNEF et participe notamment au mouvement contre le CPE en 2006.
- Elle devient ensuite CPE dans des lycées professionnels à Marseille puis en Seine-Saint-Denis, avant de rejoindre la CGT à plein temps.
- En 2018, elle prend la tête de l’Ugict-CGT (cadres, ingénieurs, techniciens), puis accède en 2023 à la direction confédérale.
Son action à la tête de la CGT
Depuis 2023, Sophie Binet s’est imposée comme un visage médiatique fort du syndicat, combinant fermeté externe et recherche de cohésion interne. Son premier mandat a été marqué par :
- La mobilisation contre la réforme des retraites, qualifiée de plus longue mobilisation unitaire de l’histoire sociale.
- Une volonté affirmée de lutter contre l’extrême droite et de replacer les travailleurs « au centre du jeu » dans le débat public.
- Un travail de réunification interne, après un congrès 2023 très conflictuel. Sa réélection en 2026 s’est faite dans un climat beaucoup plus apaisé, avec un rapport d’activité adopté à plus de 80 %.
Ligne stratégique actuelle
Réélue sans opposition, elle entend désormais :
- Peser dans la campagne présidentielle de 2027, en portant les revendications sociales au premier plan.
- Continuer à défendre une CGT combative, avec un calendrier d’actions (grèves, mobilisations sur les salaires, etc.).
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