Il ne coule pas comme le pétrole. Il ne brille pas comme l’or. Mais le gaz naturel est le cœur battant du Qatar. Et en 2014, Tamim ben Hamad doit apprendre à gouverner avec cette richesse – et parfois, contre elle.
Un trésor sous pression
Le Qatar possède l’un des plus grands gisements de gaz au monde : le North Field, partagé avec l’Iran. Cette ressource a fait la fortune du pays. Mais elle crée aussi des dépendances, des vulnérabilités, et des tensions diplomatiques.
Tamim hérite d’un modèle économique fondé sur le gaz liquéfié (GNL), exporté vers l’Asie, l’Europe, et au-delà. Mais il sait que ce modèle doit évoluer.
Diversifier sans renier
En 2014, Tamim lance plusieurs initiatives :
- Investissements dans les énergies renouvelables, notamment le solaire
- Renforcement du secteur pétrochimique, pour valoriser le gaz autrement
- Partenariats technologiques, pour améliorer l’efficacité énergétique
- Développement de l’industrie locale, pour réduire la dépendance aux importations
Il ne veut pas sortir du gaz. Il veut sortir de la dépendance au gaz.
Le gaz comme outil diplomatique
Le Qatar utilise aussi le gaz comme levier géopolitique. Ses exportations vers l’Europe lui donnent une voix dans les discussions énergétiques. Ses liens avec l’Iran, via le North Field, lui imposent une diplomatie prudente, mais lui offrent aussi une porte vers l’Est.
Tamim comprend que le gaz est une monnaie d’influence, autant qu’une ressource.
Les tensions avec les voisins
L’Arabie saoudite et les Émirats, moins dépendants du gaz, voient d’un mauvais œil la montée en puissance du Qatar dans ce domaine. Ils accusent Doha de vouloir jouer seul, de court-circuiter les stratégies régionales, de se rapprocher trop de l’Iran.
Tamim ne répond pas. Il renforce ses alliances énergétiques, notamment avec la Chine, le Japon et la Corée du Sud.
Et le peuple dans tout ça ?
Les Qataris savent que leur confort vient du gaz. Mais Tamim leur parle d’avenir, de transition, de résilience. Il veut que le Qatar soit riche, mais aussi préparé. Et pour cela, il faut penser au-delà du gaz – sans jamais oublier ce qu’il a permis.
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