Série “Italie, lignes de faille”.
Milan, 8h12 – Elena lit les annonces du gouvernement sur son téléphone. Crèches, allocations, congés prolongés. Elle fronce les sourcils. « On dirait qu’ils ont découvert qu’on existe », murmure-t-elle en versant du lait dans le bol de son fils.
En 2024, l’Italie a enregistré 369 944 naissances, soit une baisse de 2,6 % par rapport à l’année précédente. Le taux de fécondité est tombé à 1,18 enfant par femme, un niveau historiquement bas.
Depuis quelques mois, les politiques natalistes se multiplient. Le gouvernement parle de “priorité absolue”. Mais pour Elena, la priorité, c’est de trouver une place en crèche à moins de 40 minutes de chez elle. Et de ne pas culpabiliser quand elle rentre tard.
Les chiffres sont implacables : moins de 400 000 naissances en 2023, un taux de fécondité à 1,22. Les discours se veulent volontaristes, mais les mesures restent fragmentées. Et derrière les annonces, il y a une vision : celle d’une famille “idéale”, souvent traditionnelle, rarement inclusive.
Milan, 18h45 – Elena croise une autre mère à la sortie de l’école. Elles échangent un regard fatigué, complice. « Tu crois qu’ils comprennent ce que c’est, vraiment, d’avoir un enfant aujourd’hui ? » L’autre hausse les épaules. « Ils comprennent les chiffres. Pas les nuits blanches. »
Citation politique
« La relance de la natalité est notre priorité absolue. Nous devons soutenir les familles, pas seulement par des mots, mais par des actes. » – Giorgia Meloni, Première ministre italienne
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