L’Education nationale en France expérimente l’IA

Préambule – L’IA n’est pas un simple outil : c’est un révélateur philosophique. Elle nous oblige à reposer des questions fondamentales sur la conscience, la liberté, la responsabilité et le vivre-ensemble. Peut-être que le défi n’est pas de savoir si les machines peuvent penser, mais de penser mieux ce que nous faisons des machines.

Expérimentations en cours

Depuis septembre 2025, tous les élèves de seconde et de quatrième suivent une formation obligatoire à l’IA, selon une annonce officielle d’Élisabeth Borne. Une charte d’usage de l’IA à l’école est en cours de finalisation, avec publication prévue au printemps. Elle vise à encadrer l’usage des outils comme MIA, en garantissant une approche éthique, inclusive et respectueuse des valeurs éducatives.

Plusieurs établissements pilotes ont commencé à tester PhiloGPT, un outil de dialogue philosophique simulant des échanges avec des penseurs comme Marx, Descartes ou Heidegger. Il est utilisé pour stimuler l’esprit critique et enrichir les cours de philosophie.

L’école d’ingénieurs ECE a intégré Milo, une IA présentée comme “partenaire pédagogique” qui interagit avec les étudiants et participe à la vie de campus.

Débats et tensions

Des voix comme celle de Philippe Meirieu alertent sur les risques d’une dissociation entre instruction (confiée à l’IA) et socialisation (déléguée à des animateurs extérieurs), ce qui pourrait remettre en cause le projet républicain de l’école.

L’émission Questions du soir sur France Culture a récemment mis en lumière les tensions entre les promoteurs d’une IA-compagnon et ceux qui craignent une dérive technocratique de l’enseignement.

Printemps 2026. Une charte doit voir le jour. Éthique, souveraineté, transparence. Objectif : l’IA à l’école ne sera pas un marché.