La dérive militaire de Vučić : entre bras de fer avec l’UE et musellement de l’opposition

Belgrade, 20 septembre 2025 – Ce jour-là, la capitale serbe s’est transformée en théâtre d’une démonstration de force sans précédent. Sous les ordres du président Aleksandar Vučić, l’armée serbe a défilé dans les rues, exhibant 19 nouveaux systèmes d’armement issus de partenariats internationaux. Mais derrière les uniformes et les drapeaux, c’est une autre bataille qui se joue : celle du pouvoir contre sa propre population, et contre les regards inquiets de Bruxelles.

Une parade militaire aux allures de provocation

Le défilé, présenté comme une célébration de la souveraineté nationale, intervient dans un climat de forte contestation étudiante et citoyenne. Depuis des mois, des milliers de Serbes dénoncent la corruption, l’autoritarisme et l’emprise croissante du président sur les institutions. La réponse du pouvoir ? Une mise en scène militaire, précédée de dix jours de manœuvres dans Belgrade, bloquant la ville et étouffant toute tentative de mobilisation.

Répression silencieuse, opposition muselée

Alors que les chars roulaient sur l’asphalte, les cortèges étudiants tentaient de se rassembler. Mais la police anti-émeute, omniprésente, a dispersé les manifestants avant qu’ils ne puissent se faire entendre. Le message est clair : la rue appartient au pouvoir, et l’armée devient un outil de légitimation politique.

« Je suis là pour soutenir Vučić et notre pays. Qu’elle soit forte et sûre. » – déclarait un retraité venu assister au défilé, arborant un tatouage à l’effigie du président.

L’Union européenne, entre malaise et méfiance

Officiellement candidate à l’adhésion à l’UE, la Serbie joue pourtant une partition ambiguë. Les nouveaux armements proviennent de pays aussi divers que la France, la Chine, Israël et la Russie. Une stratégie de neutralité affichée, mais qui inquiète Bruxelles.

  • Méfiance croissante : L’UE voit d’un mauvais œil cette militarisation dans un pays où les libertés reculent.
  • Signal géopolitique : Vučić semble vouloir montrer qu’il a des alternatives à l’Europe, quitte à braquer ses partenaires occidentaux.

Une stratégie risquée

En misant sur la force et le nationalisme, Vučić cherche à consolider son pouvoir et à affaiblir l’opposition. Mais cette stratégie pourrait se retourner contre lui : l’UE pourrait durcir sa position, et les tensions internes risquent de s’exacerber.

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