Léon XIV : citoyen du monde, missionnaire du XXIe siècle

Le pape Léon XIV signe son entrée dans le débat mondial avec un ouvrage percutant : Citoyen du monde, missionnaire du XXIe siècle. À travers cette première interview publiée, il dévoile une vision audacieuse de l’Église, résolument tournée vers les enjeux contemporains. Parmi les thèmes abordés, l’intelligence artificielle occupe une place centrale : non comme simple innovation technologique, mais comme défi éthique et spirituel majeur. Léon XIV appelle à une réflexion profonde sur le rôle de l’IA dans nos sociétés, et sur la responsabilité de l’Église face à cette révolution silencieuse.

Première interview et publication du livre

Le livre est en réalité la toute première interview accordée par Léon XIV depuis son élection. Réalisée par la journaliste américaine Elise Ann Allen pour Crux, elle a eu lieu en deux temps : à Castel Gandolfo et au Palais du Saint-Office. Publié en espagnol au Pérou le 18 septembre, il sortira en anglais et portugais en 2026.

Thèmes abordés

Léon XIV y parle franchement de sujets brûlants :

  • Le drame de Gaza, qu’il qualifie de « terrible »
  • La Chine, avec une volonté de poursuivre la politique de ses prédécesseurs
  • L’accueil des personnes LGBTQ+ : « todos, todos, todos », tout en maintenant l’enseignement de l’Église
  • Le rôle des femmes dans l’Église, qu’il souhaite renforcer sans modifier la doctrine sur l’ordination
  • Les abus et la crise financière du Saint-Siège

Un clin d’œil à la France

Il a aussi été impressionné par le phénomène des catéchumènes en France. Lors d’une rencontre avec 600 jeunes en juillet, il les a exhortés à « rester connectés au Seigneur Jésus » et à ne pas être des chrétiens « de convenance ». Ce livre semble être une fenêtre ouverte sur un pontificat qui veut dialoguer, écouter et construire.

Léon XIV parle clairement aussi de l’intelligence artificielle (IA) – et pas en passant. Il en fait même l’un des grands défis de son pontificat.

Une révolution comparable à celle du XIXe siècle

Léon XIV compare l’essor de l’IA à la première révolution industrielle. Comme les machines à vapeur ont bouleversé le monde au XIXe siècle, il estime que l’IA va remodeler le XXIe siècle. Il cite même Léon XIII, auteur de l’encyclique Rerum Novarum, comme source d’inspiration pour penser une nouvelle doctrine sociale adaptée à notre époque.

Des risques pour la dignité humaine Il met en garde contre :

  • La réduction des relations humaines à des algorithmes
  • La perte de justice et de sens du travail
  • L’absence de compassion ou de pardon dans les décisions automatisées

Continuité avec François

Léon XIV reprend le flambeau du pape François, qui avait plaidé pour un traité international de régulation de l’IA. François craignait que l’IA, sans éthique, devienne une menace pour l’humanité. Léon XIV s’engage à poursuivre cette réflexion, en lien avec la doctrine sociale de l’Église.

Il veut une Église qui ne reste pas spectatrice mais qui s’implique activement dans les débats contemporains, notamment autour de l’IA, en défendant les plus vulnérables et en promouvant une technologie centrée sur l’humain.

Ce livre marque une étape : Léon XIV ne se contente pas de commenter le monde, il veut y agir.