L’année s’est achevée sur un signal encourageant pour l’économie européenne : l’inflation dans la zone euro est redescendue à 1,9 % en décembre, selon les dernières estimations d’Eurostat. C’est la première fois depuis le mois de mai que la hausse des prix repasse sous le seuil des 2 %, objectif que la Banque centrale européenne (BCE) s’efforce de maintenir à moyen terme.
Un ralentissement progressif mais significatif
Après plusieurs mois de tensions sur les prix, l’inflation avait déjà commencé à refluer à l’automne. Elle s’établissait encore à 2,1 % en novembre, avant de connaître ce nouveau recul en décembre. Ce mouvement s’explique notamment par :
- une baisse marquée des coûts de l’énergie, en recul de –1,9 % sur un an
- un ralentissement des prix des biens industriels hors énergie
- une stabilisation de l’inflation dans les services, toujours élevée à 3,4 %
En revanche, les prix de l’alimentation, de l’alcool et du tabac ont légèrement accéléré, atteignant 2,6 %.
Une BCE prudente malgré le retour à l’objectif
Si ce passage sous les 2 % constitue une étape symbolique, il ne devrait pas entraîner de changement immédiat dans la politique monétaire de la BCE. Les services restent en effet un moteur d’inflation important, et plusieurs responsables de Francfort ont déjà indiqué qu’un maintien des taux directeurs à leur niveau actuel était probable au début de l’année 2026.
Un signal positif, mais pas encore une victoire
Le retour de l’inflation dans la cible de la BCE est une bonne nouvelle pour les ménages comme pour les entreprises. Il témoigne d’un apaisement des tensions sur les prix, après deux années marquées par des chocs énergétiques et géopolitiques.
Pour autant, les économistes appellent à la prudence :
- la dynamique des prix reste fragile
- les tensions salariales persistent dans certains secteurs
- les aléas géopolitiques pourraient rapidement inverser la tendance
A retenir
Le passage de l’inflation sous les 2 % en décembre marque un tournant dans la trajectoire économique de la zone euro. Sans crier victoire trop vite, ce recul offre un peu d’oxygène à une économie encore en convalescence et ouvre la voie à un début d’année placé sous le signe de la stabilisation.