La génération Z, ultra-connectée, inventive, et souvent sans leader, a su catalyser des colères sociales profondes à Madagascar comme au Maroc. Mais ses formes d’action – horizontales, décentralisées, virales – peinent à se transformer en force politique structurée.
À Madagascar : l’applaudissement paradoxal
Le mouvement Gen Z Madagascar a démarré sur les réseaux sociaux, dénonçant les coupures d’eau, d’électricité, et la corruption. Après des semaines de mobilisation, le président Rajoelina a fui le pays. L’armée a pris le pouvoir, promettant une transition de deux ans.
Une partie de la jeunesse a applaudi ce renversement, non par adhésion au pouvoir militaire, mais par rejet du statu quo.
Au Maroc : fragmentation et colère
Le collectif Gen Z 212 s’est mobilisé contre les inégalités, les défaillances du système de santé, et les dépenses jugées excessives pour les événements sportifs. Contrairement à Madagascar, ici la jeunesse est divisée : certains réclament des réformes constitutionnelles, d’autres dénoncent la répression, et une minorité appelle à un changement radical.
Le souvenir des printemps arabes plane, mais la peur de l’instabilité freine l’unité.
Ce qui se passe vraiment
La Gen Z est puissante dans l’amorce, mais vulnérable dans la durée. Elle crée des ruptures, mais peine à construire des alternatives. L’absence de leadership structuré rend les mouvements difficiles à canaliser une fois qu’ils atteignent un seuil critique.
Les armées, les partis traditionnels, ou les élites récupèrent souvent ces soulèvements, faute de relais institutionnels chez les jeunes.
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