La dissolution du cabinet de guerre et la concentration des pouvoirs en Israël

Le 17 juin 2024, Benjamin Netanyahou annonçait la dissolution du cabinet de guerre israélien, une cellule stratégique créée après l’attaque du Hamas le 7 octobre. Cette décision, passée relativement inaperçue dans le tumulte médiatique, marquait pourtant un tournant dans la gestion du conflit à Gaza et dans l’équilibre du pouvoir au sein du gouvernement israélien.

Une dissolution révélatrice

Le cabinet de guerre, composé de six membres, incluait des figures modérées comme Benny Gantz et Gadi Eisenkot. Leur départ, motivé par l’absence de stratégie claire pour Gaza, a précipité la fin de cette structure. Netanyahou a désormais choisi de centraliser les décisions sensibles dans un cercle plus restreint, composé notamment du ministre de la Défense Yoav Gallant et du ministre des Affaires stratégiques Ron Dermer.

« Le cabinet n’est plus nécessaire », a déclaré David Mencer, porte-parole du Premier ministre, précisant que ses fonctions seraient reprises par le cabinet de sécurité.

Concentration du pouvoir et marginalisation des modérés

Cette dissolution soulève plusieurs inquiétudes :

  • Elle affaiblit les contre-pouvoirs internes au sein du gouvernement.
  • Elle renforce l’influence des ministres ultra-nationalistes, comme Ben Gvir et Smotrich, longtemps tenus à l’écart du cabinet de guerre.
  • Elle réduit la transparence des décisions militaires, en les transférant à un forum informel et plus fermé.

Une manœuvre politique ?

Certains analystes y voient une stratégie de survie politique : en écartant les voix modérées, Netanyahou consolide son emprise sur le gouvernement, évite les dissensions internes et gagne du temps face à ses démêlés judiciaires. Cette manœuvre pourrait aussi lui permettre de prolonger l’offensive à Gaza, sans être freiné par des appels à la modération ou à la négociation.

Avec le recul

La dissolution du cabinet de guerre a marqué le début d’une nouvelle phase du conflit, plus opaque, plus radicalisée, et moins sujette à compromis. Elle pose aussi la question du rôle futur de Netanyahou dans la région, et prépare le terrain à des ambitions plus vastes  – comme celle du « Grand Israël ».