Getúlio Vargas arrive au pouvoir par un coup d’État “préventif”, renversant une vieille République dominée par les élites caféières. Il inaugure un style politique nouveau : autoritaire mais modernisateur.
- Fin de l’oligarchie du café.
- Promesse d’un État fort et régulateur.
- Appui sur les classes moyennes émergentes et les milieux militaires.
L’État entrepreneur
Vargas engage le Brésil dans une industrialisation accélérée :
- Création de grandes entreprises publiques : Companhia Siderúrgica Nacional, Petrobras.
- Nationalisme économique : contrôle des ressources, réduction de la dépendance étrangère.
- L’État devient planificateur, bâtisseur et employeur.
Le Brésil des années 1940 se couvre d’usines, de barrages, de chantiers. C’est l’heure du béton… encore.
La conquête des ouvriers
Vargas cherche à séduire la classe ouvrière sans lui céder :
- Création d’un Code du travail (CLT) en 1943 : droits sociaux, temps de travail, retraite.
- Syndicats encadrés par l’État : libertés limitées, mais reconnaissance officielle.
- Campagnes de propagande : le travailleur devient une “figure nationale”.
Le populisme de Vargas est tactique : il donne tout… sauf l’autonomie.
Une démocratie surveillée
- Le régime oscille entre autoritarisme (État Nouveau, 1937–1945) et libéralisme relatif (républicanisme post-1945).
- Répression des opposants, censure, surveillance.
- Mais aussi élections, partis, presse (partiellement libre).
Vargas joue du contraste : l’homme du peuple dans les urnes, mais le maître secret des institutions.
Une fin tragique
Revenu au pouvoir en 1951, élu cette fois, Vargas affronte :
- Une opposition grandissante des milieux conservateurs.
- Une presse virulente.
- Des pressions américaines contre sa politique économique.
En 1954, acculé, il se suicide dans son palais. Son dernier mot : “Je sors de la vie pour entrer dans l’histoire.”
A retenir
- Vargas est à la fois architecte et illusionniste : il bâtit le Brésil moderne, mais en muselant ses forces vives.
- L’ouvrier est reconnu, mais sous tutelle.
- Le populisme brésilien prend forme : progrès matériel, culte du chef, promesse de justice… souvent différée.
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