Série “Italie, lignes de faille”. La voix éditoriale – On parle de chiffres. De courbes. De ratios. Mais derrière les statistiques, il y a des récits. Des peurs. Des fantasmes.
L’Italie vieillit, oui. Mais elle vieillit aussi dans ses représentations
Le mot “démographie” évoque des berceaux vides, des villages fantômes, des jeunes qui fuient. Et parfois, des discours alarmistes, identitaires, figés dans une nostalgie impossible.
Selon les projections de l’Istat, en 2050, l’Italie comptera 300 personnes âgées de plus de 65 ans pour 100 jeunes de 15 à 34 ans, contre 200 pour 100 en 2024 et 31 pour 100 en 1951
Dans les débats publics, la démographie devient un miroir déformant. On y projette des angoisses civilisationnelles, des visions de déclin, des appels au “réarmement natal”. Mais qui décide de ce que doit être une population “idéale” ? Et pourquoi l’imaginaire démographique reste-t-il si peu pluraliste ?
La voix d’Elena – « Quand ils parlent de relance, je n’entends jamais ma voix. Ni celle de mon fils. »
La voix de Luca – « Le futur, ils le dessinent sans nous. Mais c’est nous qui le vivons. »
La voix de Samira – « Ils parlent de chiffres. Moi, je parle de gens. »
Citation politique
« Le piège démographique est en train de se refermer sur l’Italie. Il ne s’agit pas seulement de chiffres, mais d’un imaginaire à reconstruire. » – Francesco Billari, démographe, recteur de l’Université Bocconi
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